Les promesses de Moreau «ne valent rien», dit Pedneaud-Jobin

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Au lieu de faire la leçon aux villes, Québec aurait avantage à prendre exemple sur elle, affirme le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Le bras de fer qui se dessinait entre Québec et les municipalités et maintenant bien réel. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, va même jusqu'à dire que les promesses d'autonomie faites par le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, «ne valent rien».

En menaçant mercredi de suspendre les transferts gouvernementaux aux villes qui hausseraient leurs taxes en 2015 pour éponger les compressions exigées par le pacte fiscal transitoire, le ministre Moreau a soufflé sur un feu qui couvait depuis plusieurs semaines. La chaleur vient de monter de plusieurs degrés.

À l'instar de plusieurs autres maires de la province et de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), le maire Pedneaud-Jobin a réagi vivement jeudi aux menaces de Pierre Moreau, qu'il a qualifiées de «représailles» et de «recul dangereux pour la saine gouvernance au Québec».

«Par ses propos, le ministre nous démontre que toutes ses promesses faites aux élus municipaux en faveur d'une plus grande autonomie pour les villes ne valent rien», a déclaré M. Pedneaud-Jobin.

«Si le ministre prend des mesures de représailles contre Laval et Longueuil, il devra en prendre également contre Gatineau, car l'imposition de ce recul fiscal nous oblige nous aussi à nuire à nos contribuables et à faire de mauvais choix. Cette nouvelle position du gouvernement constitue un recul dangereux pour la saine gouvernance au Québec.»

Maxime Pedneaud-Jobin
maire de Gatineau

M. Pedneaud-Jobin espère que le ministre va tendre la main aux municipalités et qu'il va rapidement changer d'attitude. Lui qui se disait enthousiaste envers les propos du ministre en début de mandat, affirme aujourd'hui avoir perdu bien des illusions. «Il devra me convaincre à nouveau qu'il est sérieux et ça devra se faire par des faits, avec une entente avec les villes», a souligné le maire de Gatineau.

Si Laval et Longueuil ont respectivement annoncé des hausses de taxes de 3,2% et 3,9% en attribuant une part de l'augmentation aux compressions de 300 millions $ faites par Québec il y a quelques semaines, Gatineau a pour sa part agi autrement. La hausse de 2,9% des taxes à Gatineau n'est aucunement liée aux coupes de Québec.

«Ici, nous avons décidé d'absorber ces compressions en coupant dans des projets qui allaient créer de la richesse, a noté M. Pedneaud-Jobin. Ailleurs, ils ont préféré conserver ces projets et hausser les taxes. Si les villes du Québec n'ont plus le contrôle sur leur niveau de taxes, elles ne contrôlent plus rien. Pendant que Québec augmente le fardeau fiscal des familles en moyenne de plus de 1200$ en 2015, nous augmentons les taxes de 70$. Le ministre Moreau et son gouvernement n'ont aucune leçon à nous donner quant à l'effort demandé aux contribuables pour financer les services publics.»

Le maire de Gatineau a reconnu que la position du gouvernement suscitait la colère de bien des maires dans la province. «Le ministre a profondément ébranlé le lien de confiance mutuelle entre Québec et les villes, a ajouté le maire de Gatineau. On ne peut pas être libre si nous ne contrôlons pas nos revenus et nos dépenses. Si le ministre remet ça en question, il remet la totalité du statut des villes en question. À ce prix-là, qu'il abolisse les villes et qu'il vienne lui-même les gérer.»

M. Pedneaud-Jobin s'est toutefois bien gardé de commenter l'absence quasi totale dans ce débat des maires des deux principales villes de la province, le Montréalais Denis Coderre et le Québécois Régis Labeaume.

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