Plus de 25 000 $ pour choisir une oeuvre à Gatineau

Le tiers du montant que déboursera la Ville de Gatineau pour sa nouvelle oeuvre... (PHOTO MARTIN ROY, ARCHIVES LE DROIT)

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Le tiers du montant que déboursera la Ville de Gatineau pour sa nouvelle oeuvre d'art qui sera érigée devant la caserne numéro6, sur le boulevard Labrosse, n'aura servi qu'à payer le processus pour choisir l'oeuvre en question.

Un large cube jaune vif faisant 2,44 mètres par 2,44 mètres, à l'intérieur duquel flottent des formes organiques rappelant les mouvements d'un arbre, trônera bientôt dans le bassin de rétention devant la caserne. La Ville de Gatineau a annoncé, mardi dernier, que c'est l'artiste gatinois Jean-Yves Vigneau qui a été retenu par le jury pour réaliser cette sculpture faite d'aluminium.

Le coût total de l'oeuvre atteint 85226$. L'oeuvre en tant que telle coûtera 59787$, montant que recevra l'artiste pour la réalisation de la sculpture. Les quelque 25000$ restants ont été dépensés en organisation du concours et en services professionnels. La somme a notamment servi à payer les honoraires des finalistes non retenus, les honoraires du jury, l'organisation des rencontres, la promotion de l'oeuvre, l'organisation du concours ainsi que sa gestion.

«Un processus rigoureux»

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ne voit rien de surprenant à ce que le tiers du montant n'ait servi qu'à déterminer l'oeuvre à ériger. «Le choix d'un artiste est un processus rigoureux, a expliqué le maire. Il y a le comité de sélection, plusieurs rencontres, nous faisons venir des gens de l'extérieur, il y a des maquettes et des rencontres avec l'artiste. C'est un processus nécessairement lourd quand on parle d'une oeuvre comme celle-là.»

Le conseiller Mike Duggan n'est pas aussi certain que dépenser 25000$ pour choisir une oeuvre d'art est une bonne gestion des fonds publics. «Quand le budget discrétionnaire annuel d'un conseiller municipal pour la recherche est beaucoup plus bas que le montant servant à sélectionner une oeuvre d'art, je me permets de me poser des questions, dit-il. Beaucoup d'artistes luttent pourtant pour gagner leur vie. J'espère seulement que nos fonds publics sont dépensés de manière responsable.»

Lors de l'étude du budget de l'an prochain, il y a deux semaines, le conseiller Gilles Carpentier a mené la charge pour faire retirer un montant de 20000$ devant aller à la politique culturelle de la Ville. Le débat sur ce montant relativement minime a duré près d'une heure alors que le budget municipal total dépasse les 500 millions$.

M. Carpentier ne souhaite faire aucune concession quant à la rigueur à adopter à Gatineau avant d'engager des dépenses de fonds publics. Il se dit par ailleurs très à l'aise avec la dépense de 25000$ qui a permis de choisir une oeuvre d'une valeur de 59787$.

«Il n'y a rien là-dedans qui me dit qu'on fait la mauvaise affaire, a-t-il lancé. Cette dépense nous permet d'avoir un processus transparent et crédible. On veut un processus efficace et une évaluation faite par des gens crédibles et objectifs. Il faut payer pour cette compétence.»

Organisation du concours: 10771$

- Honoraires des deux finalistes non retenus: 4139$

- Honoraires du jury et de la commission technique: 3800$

- Organisation des rencontres: 436$

- Promotion et inauguration: 2357$

Services professionnels: 14769$

- Recommandation sur la réglementation du concours: 2515$

- Appel de candidatures: 6467$

- Prestation des finalistes: 5389$

- Transport et hébergement: 397$

Contrat de l'artiste: 59787$

Total: 85226$

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