Pedneaud-Jobin dénonce le rapport Robillard

Le ministre Pierre Moreau accompagné du secrétaire parlementaire... (Martin Roy, LeDroit)

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Le ministre Pierre Moreau accompagné du secrétaire parlementaire à Ottawa pour l'Agence du développement économique du Canada pour les régions du Québec, Jacques Gourde, du maire Maxime Pedneaud-Jobin et du député Marc Carrière.

Martin Roy, LeDroit

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Le positivisme qui semblait vouloir dynamiser les relations entre Québec et les villes au terme des assises annuelles de l'Union de municipalités du Québec (UMQ), le printemps dernier, à Gatineau, a depuis fait place à l'inquiétude, la suspicion et la frustration de la part des villes depuis qu'elles se sont fait imposer des coupes de 300 millions $ par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Les conclusions du rapport du comité de révision des programmes du gouvernement du Québec dirigé par l'ex-ministre Lucienne Robillard, rendues publiques dimanche, qui propose, entre autres, de couper 1,3 milliard $ dans les en-lieu de taxes que Québec verse aux villes n'ont fait qu'exacerber les relations déjà tendues entre Québec et le monde municipal.

Même si le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a écarté la possibilité de réduire les transferts de Québec vers les municipalités, cela n'empêche pas le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, de s'inquiéter. «Ce ne serait rien de moins que de sous-traiter la hausse de taxes, a dénoncé le maire Pedneaud-Jobin. Le monde municipal sert un 'non' catégorique. Ça n'aurait pas de bon sens.»

Les villes dépensent trop

Québec et les municipalités devront rapidement retourner à la table des négociations en 2015 afin de s'entendre sur un nouveau pacte fiscal, ainsi que sur les gains en autonomie que souhaite faire le monde municipal. Le ministre Moreau, de passage en Outaouais, lundi, a réitéré sa volonté de jeter de nouvelles bases avec les villes, mais il a aussi affirmé nourrir un vif questionnement par rapport à la croissance des dépenses des villes estimée à 5,8 % par année, « une croissance plus importante que tous les autres paliers de gouvernement au Canada », a-t-il souligné.

« Il faut trouver pourquoi les dépenses des villes croissent à ce rythme-là et quand ça sera fait nous pourrons les accompagner pour réduire cette croissance des dépenses, a ajouté le ministre. Il faut revoir la structure de dépenses des municipalités. »

Maxime Pedneaud-Jobin a rappelé qu'il a commencé à jouer son rôle de maire avec « beaucoup d'enthousiasme » par rapport à l'ouverture que démontrait Québec pour revoir ses liens avec le monde municipal.

« Là, je commence à le dire au passé parce que ce qu'on a vu cette année n'est pas très encourageant, a-t-il dit. Si c'est donner de l'autonomie sans argent que veut faire Québec, c'est sous-traiter la hausse de taxes et ça ne m'intéresse pas du tout. Le déficit à Québec n'a pas été causé par les villes. Que Québec gère son déficit plutôt que de pelleter dans la cour des municipalités. Là, nous avons l'impression de jouer dans un film où nous avons déjà joué, où nous devons taxer encore plus nos citoyens parce que Québec nous donne des responsabilités sans l'argent supplémentaire qui vient avec. »

Le maire de Gatineau se dit prêt à faire le débat sur la croissance des dépenses de sa ville n'importe quand à Québec. Selon lui, l'explication de la hausse des dépenses est simple. La croissance vient en grande partie des salaires, notamment ceux des pompiers et des policiers. « Près de 40 % des nouveaux emplois à Gatineau, depuis la fusion, sont des pompiers et des policiers que Québec nous a obligés à embaucher, sans avoir d'argent de plus pour le faire, note le maire. C'est certain que la masse salariale va en augmentant. »

Le manque de rapport de force des villes pour négocier avec les employés municipaux provoque aussi, selon le maire Pedneaud-Jobin, une spirale inflationniste des salaires des employés municipaux. « Nous allons à la guerre sans fusil, dit-il. Certains parlent d'un droit de lock-out, mais moi ce que je veux, c'est la totale, je veux avoir toute la capacité de gérer nos relations de travail. Il faut changer le système dans lequel nous évoluons. »

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