Gatineau sera seule à investir dans la rénovation domiciliaire

La conseillère Myriam Nadeau.... (Etienne Ranger, LeDroit)

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La conseillère Myriam Nadeau.

Etienne Ranger, LeDroit

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L'enveloppe de la Ville de Gatineau pour financer la rénovation domiciliaire dans ses vieux quartiers est amputée de moitié par Québec, une mesure d'austérité annoncée par le gouvernement au début du mois et qui aura un impact direct sur la qualité des logements abordables.

Gatineau prévoyait investir 2,4 millions$ en 2014 dans la rénovation domiciliaire dans ses quartiers dévitalisés où se trouve un bon nombre de ménages à faible revenu. L'argent devait aussi servir à financer l'adaptation de logement pour les personnes à mobilité réduite, souvent des personnes âgées aussi à faible revenu, et à financer des constructions neuves de logements abordables par des organismes à but non lucratif.

«Avec la moitié de l'enveloppe, on va faire la moitié moins et on doit réduire les champs d'intervention du programme, lance la présidente de la Commission permanente de l'habitation (CPH) à Gatineau, Myriam Nadeau. Ça représentait environ 160 bénéficiaires du programme cette année. Là, il n'y en aura que 70 ou 80. Québec nous a confirmé qu'il ne versait pas sa part du programme en 2014. Il s'agissait d'un programme financé à 50-50. Nous attendions de savoir ce qu'allait faire Québec avant de financer notre part. Nous irons de l'avant avec notre argent, mais on va faire ce qu'on est capable de faire.»

Le conseil municipal de Gatineau déplore le désengagement de Québec dans ce dossier qui force la Ville à assumer seule une nouvelle responsabilité et demande au gouvernement de reconduire le programme. La liste d'attente pour obtenir une subvention provenant de Rénovation Québec compte plus de 900 noms à Gatineau. «Le besoin est réel puisque 7% du parc de logement de Gatineau a besoin de rénovations majeures et 46% des logements ont plus de 30 ans, a noté Mme Nadeau. La Ville demeure engagée dans ses efforts de revitalisation de ses vieux quartiers. Le conseil démontre le sérieux du besoin et souhaite que le besoin soit pris au sérieux par Québec.»

Depuis sa création, en 2002, Rénovation Québec a permis de rénover plus de 3200 logements à Gatineau avec des investissements totaux de 23 millions$ et des retombées économiques estimées à 91 millions$.

Le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, déplore lui aussi le désengagement de Québec. «La province est encore en train de pelleter des responsabilités dans la cour des villes et des organismes communautaires, dit-il. Les premiers touchés par cette mesure d'austérité seront les petits propriétaires de logements locatifs. Ils vont remettre des rénovations nécessaires à plus tard. Selon le dernier recensement, il y a 10% du parc de logement locatif qui aurait besoin de rénovations majeures, 30% selon les associations de propriétaires.»

Conscient de l'impact que cela aurait sur la taxe foncière, M. Roy ne demande pas à la Ville d'investir elle-même la part qui devait venir de Québec pour répondre aux nombreux besoins sur le terrain. «C'est toujours le locataire qui se trouve à assumer la facture de toute manière», dit-il.

Myriam Nadeau précise que la CPH devra se pencher sur la suite des choses rapidement. «La commission souhaite continuer à soutenir la rénovation domiciliaire dans les vieux quartiers, mais ce sera au conseil municipal de décider», dit-elle.

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