Deux ans pour changer la «culture» à l'urbanisme

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Le plan de réforme présenté mardi tient pour l'instant sur des grandes orientations qui déboucheront, dit-on, sur un plan d'action beaucoup plus précis.

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Deux années seront nécessaires pour mettre en place l'importante réforme du service d'urbanisme à la Ville de Gatineau. À terme, l'administration et les élus souhaitent avoir complètement changé la «culture» au sein de ce département ou le «laxisme et le manque de diligence» ont mené à la crise du 79, chemin Fraser.

La «stratégie pour un changement de culture» rendue publique mardi par la directrice déléguée au service d'urbanisme, Catherine Marchand, est à la fois une réponse à la «secousse sismique» provoquée par le 79, chemin Fraser, a noté le président du comité consultatif d'urbanisme (CCU), Richard Bégin, mais aussi la réalisation d'un engagement pris par Action Gatineau en campagne électorale il y a un an.

«Je crois sincèrement qu'on vit un tournant important dans l'urbanisme à Gatineau, a affirmé M. Bégin. On en revient toujours au 79, chemin Fraser, mais dès mon élection en novembre dernier, il était de mon intention d'aller dans la direction que nous prenons aujourd'hui. C'est une des raisons de mon engagement en politique.»

Le plan de réforme présenté mardi tient pour l'instant sur des grandes orientations qui déboucheront, dit-on, sur un plan d'action beaucoup plus précis. «Il y a de grands changements à faire, des changements qui prennent beaucoup de temps, a insisté la directrice générale de la Ville de Gatineau, Marie-Hélène Lajoie. Une approche, des façons de faire, ça se change dans tous les petits gestes qu'on pose et ça ne pourra pas se faire en seulement six mois. En gestion, un changement de culture, ça prend environ 24 mois.»

Les 100 premiers jours

Les objectifs de la réforme en urbanisme sont ambitieux. Mme Marchand a parlé de faire de Gatineau «un leader reconnu et un modèle d'excellence en matière d'urbanisme au Québec». Plusieurs diront que la route s'annonce ardue, mais dès janvier, Gatineau fera un important pas en avant en changeant du tout au tout ses avis publics en matière d'urbanisme afin de les rendre plus compréhensibles et accessibles pour le commun des mortels. Gatineau sera à l'avant-garde des villes du Québec à ce chapitre, a affirmé le maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui réalise ainsi un autre de ses engagements électoraux.

La directrice déléguée du service d'urbanisme a beaucoup mis l'emphase sur les 100 premiers jours de la mise en application de sa réforme. Ils serviront, dit-elle, à «redonner confiance» en ce service déficient depuis de nombreuses années. «Il faut commencer avec des gestes concrets qui vont toucher les citoyens, nos partenaires et nos instances [démocratiques], a-t-elle affirmé. On peut tourner la page relativement vite quand on fait la démonstration que ce n'est pas juste des paroles, mais aussi des gestes.»

Ainsi, ces premiers 100 jours seront mis au service de l'écoute. «Nous aurons plusieurs rencontres, dit-elle. Pour redonner confiance, il faut d'abord écouter. Les partenaires socio-économiques, Vision centre-ville, les promoteurs immobiliers et la Chambre de commerce de Gatineau seront tous rencontrés au cours des prochaines semaines afin de remettre les pendules à l'heure et pour engager un dialogue qui mènera à des solutions concrètes.»

C'est aussi au cours de ces trois premiers mois que le personnel de l'urbanisme sera mobilisé. Les rôles, responsabilités et l'imputabilité du personnel seront à l'ordre du jour. Plusieurs des recommandations du rapport d'enquête sur le 79, chemin Fraser seront mises en application, notamment une refonte de la grille d'analyse des projets d'urbanisme et la diffusion d'une politique de gestion sur les devoirs et responsabilités de chacun au sein du département.

De nombreuses améliorations doivent aussi être apportées afin de répondre aux demandes du milieu des affaires. «Les canaux de communications seront clairs, explique Mme Marchand. Nous allons poursuivre la révision du processus de l'émission des permis d'affaires, et nous allons revoir la façon dont nous faisons l'analyse des projets de développement.»

Le maire Pedneaud-Jobin a ajouté que la clé du succès résidera dans la communication, tant avec les citoyens que les gens d'affaires et les instances démocratiques. «Si on fait juste se parler, qu'on fait tomber des frontières, qu'on sort de nos bureaux, qu'on se parle les uns les autres, c'est la clé, parlons-nous.»

mabelanger@ledroit.com

Les objectifs

- Faire de Gatineau un modèle d'excellence en matière d'urbanisme au Québec

- Mettre en oeuvre une approche client

- Faire preuve d'une plus grande transparence

- Favoriser des relations sous le signe du respect mutuel

- Assurer une prestation de services plus performante

Le calendrier sur deux ans

- Les 100 premiers jours: Redonner confiance

- Le 1er semestre: Améliorer la performance en matière de contrôle de l'occupation du sol et de diffusion de l'information

- Le 2e semestre: Revoir les outils réglementaires à caractère discrétionnaire et les modalités de partenariats

- Le 3e semestre: Mettre en place un système de reddition des comptes et un processus d'amélioration continue

- Les 100 derniers jours: Finaliser les actions entreprises

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