Gatineau encore loin d'être une ville d'affaires

Le président de la CCG, Antoine Normand, reconnaît... (ETIENNE RANGER, Archives LeDroit)

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Le président de la CCG, Antoine Normand, reconnaît que les liens entre la Ville et les gens d'affaires se sont améliorés, mais pas suffisamment pour modifier la perception de ces derniers.

ETIENNE RANGER, Archives LeDroit

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Encore une fois cette année, Gatineau occupe le bas du classement du palmarès de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) pour sa capacité à favoriser l'émergence et la croissance des petites et moyennes entreprises sur son territoire. Le changement de maire et les premiers efforts pour améliorer les choses n'auront donc pas été suffisants pour modifier la perception des gens d'affaires.

Sur un total de 121 villes canadiennes de plus de 20000 habitants, Gatineau se classe au 107e rang avec une notre globale de 47,3%. Encore une fois, c'est avant tout au niveau des politiques de l'administration municipale que le bât blesse. Le coût de l'administration, le manque de flexibilité dans la réglementation municipale et le déséquilibre dans l'équité fiscale entre le commercial et le résidentiel sont les principaux éléments qui sèment la grogne parmi les gens d'affaires de Gatineau.

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Antoine Normand, reconnaît que des améliorations ont été apportées dans les liens entre la Ville et ses gens d'affaires, mais il ajoute qu'ils n'ont pas été suffisants pour modifier la perception de ces derniers par rapport à l'appareil municipal.

L'analyste principal à la FCEI, Sylvain Gaudreault, admet qu'instaurer une fibre entrepreneuriale dans un milieu n'est pas une mince tâche. «C'est un projet sur plusieurs années, dit-il. Ça doit être un effort soutenu. Il ne faut pas sous-estimer un défi comme celui-là.»

La situation n'est pas plus rose de l'autre côté de la rivière des Outaouais. La Ville d'Ottawa se classe au 84e rang, un recul de 42 positions par rapport à l'an passé.

Pas d'amélioration

L'an passé, le même sondage, dévoilé en pleine campagne électorale à la mairie, classait Gatineau au 100e rang sur 107 municipalités. Maxime Pedneaud-Jobin avait déclaré que ce résultat était une autre preuve que l'économie n'a pas été une priorité pour l'administration du maire Marc Bureau. «Je veux qu'on puisse se comparer aux meilleurs dans ce sondage, avait-il déclaré. Il faut faire un bond significatif dès l'an prochain.»

Les volontés de M. Pedneaud-Jobin ne se sont pas matérialisées, bien que des efforts aient été faits ici et là pour tenter d'améliorer la situation. «L'enjeu est régional, a indiqué le maire, hier. Il faut un arrimage entre tous les partenaires de l'Outaouais pour changer les perceptions. Le forum sur le développement économique qui s'en vient doit répondre à ça.»

Des réformes pour bientôt

Deux des importantes pièces du casse-tête doivent toutefois tomber en place dans un avenir très rapproché.

D'abord, dès aujourd'hui, Gatineau présentera son plan de réforme majeur au service d'urbanisme, un service souvent pointé du doigt par les gens d'affaires pour le manque de flexibilité qu'il offre à ceux qui souhaitent se lancer en affaire ou faire croître leur entreprise. Ce plan est aussi la réponse de Gatineau à tout le dérapage qu'a connu la Ville, cette année, dans le dossier du 79, chemin Fraser.

Le maire précise que les liens entre Développement économique - CLD Gatineau (DE-CLDG) et le service d'urbanisme se sont resserrés ces derniers mois et qu'il n'est plus rare que des rencontres de travail impliquant les deux joueurs aient lieu.

Ensuite, le nouveau plan stratégique de DE-CLDG est en cours de préparation et doit être dévoilé au début de l'année prochaine. L'avenir de cet organisme, ainsi que l'ampleur de son budget ne sont toutefois pas du tout assurés. Des rumeurs persistantes émanant de Québec vont d'une réduction importante du financement provenant de Québec à une abolition pure et simple.

«Nous attendons des nouvelles de Québec, mais nous n'allons pas arrêter de travailler en attendant, affirme le maire. On travaille en fonction de différents scénarios.»

Mabelanger@ledroit.com

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