Pedneaud-Jobin dresse le bilan de sa première année

Les 365 premiers jours de Maxime Pedneaud-Jobin à... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Les 365 premiers jours de Maxime Pedneaud-Jobin à la mairie auront été ponctués de quelques crises.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Un an après sa retentissante élection à la mairie et l'entrée en scène d'un premier parti politique à Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, continue de refuser de faire le procès de l'ancienne administration qui lui a laissé une ville visiblement à la limite de la désorganisation.

Plutôt que de personnaliser les choses, il préfère citer le rapport du vérificateur général, ainsi que le dévastateur rapport de la firme Raymond Chabot, pour préciser les lacunes auxquelles il a dû faire face à son entrée au cabinet du maire, le 3 novembre dernier.

«Ces rapports nous indiquaient que la Ville n'était pas capable d'avoir des orientations claires, qu'on ne savait pas où on s'en allait et pire encore, que lorsqu'on avait des orientations, elles n'étaient pas en lien avec notre planification stratégique, explique-t-il en rencontre éditoriale avec LeDroit. C'est assez grave comme constat. On prenait des orientations, mais ça ne changeait pas grand-chose sur le terrain. Il y avait des difficultés entre la direction et les employés. Il y avait un problème quant au lien de confiance.»

Parce que «resserrer la gouvernance» au sein d'un appareil municipal est moins tangible pour le citoyen qu'un centre multifonctionnel en construction ou que des gains énormes en temps de déplacement en Rapibus, Maxime Pedneaud-Jobin a pour l'instant peu de réalisations concrètes à présenter aux Gatinois, malgré un an passé au pouvoir.

Il est néanmoins confiant d'avoir jeté les bases d'une organisation plus efficace, capable de prendre des décisions, de les assumer et de bien les communiquer.

«Le principal succès de l'année, et le travail n'est pas terminé, c'est vraiment d'avoir fait adopter un programme de conseil lors du lac-à-l'épaule, affirme le maire Pedneaud-Jobin. Cela a été transformé en plan d'action pour l'administration et dans quelques semaines il va mener à l'adoption d'un budget qui reflétera les priorités que nous nous sommes données. Le changement à la direction générale est aussi une des excellentes décisions du nouveau conseil pour resserrer la gouvernance.»

L'embauche de Marie-Hélène Lajoie au poste de directrice générale en même temps que le renvoi de l'ancien directeur général, Robert Weemas, a été la toute première décision du nouveau conseil, quelques jours après l'élection du maire et de 12 nouveaux conseillers.

Bien des crises

Les 365 premiers jours de l'administration Pedneaud-Jobin auront été ponctués par une foule de décisions administratives et quelques crises qui ont forcé le maire à agir plus rapidement que prévu dans certains cas. D'abord le Rapibus, dont le service était complètement chaotique l'automne dernier, a forcé la Ville à investir 1,4 million$ pour régler de nombreux irritants. Un diagnostic organisationnel a aussi été lancé pour modifier en profondeur les façons de faire au sein de cette organisation.

La saga du 79, Fraser a aussi agi «comme un accélérant sur quelque chose qui brûlait déjà». Un projet de réforme de l'urbanisme doit d'ailleurs être présenté aux élus d'ici deux semaines. Le refus des soumissions pour la construction du centre multifonctionnel et le transfert du dossier à l'Unité permanente anticorruption a remis à l'avant-plan tout le dossier de la collusion à Gatineau. Le dossier des régimes de retraite a aussi permis à la Ville de développer une position nuancée qui a été saluée par les syndicats dans le cadre de ce débat qui ne fait que commencer.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin sur...

... le centre multifonctionnel

Le maire laisse entendre que si le prix final dépasse «un peu» le budget prévu de 63,5 millions $, il se pourrait que la Ville décide tout de même d'aller de l'avant avec l'actuel projet de centre multifonctionnel. «Nous avons déjà investi 4,5 millions $ dans ce projet, a-t-il rappelé. C'est un bon projet. Nous allons y donner une dernière chance. Si le prix demeure à 80 millions $ après le nouvel appel d'offres, ça n'aura pas de bon sens. Il faudra que ce soit assez proche de l'enveloppe prévue. Si ça dépasse un peu, nous aurons un choix à faire. Si on recommence à zéro, nous reculons de six ans et nous perdons les millions déjà investis. Il y a aussi un enjeu quant à la subvention de Québec pour le projet. C'est vrai que les citoyens n'ont pas vu de 'pépine'dans ce dossier, mais le fait que le conseil a refusé le projet à 81 millions $ est un excellent résultat pour le contribuable.»

... le 150e de la Confédération

Un certain flou continue de flotter quant au rôle et à la place que prendra Gatineau dans les festivités entourant le 150e anniversaire de la Confédération en 2017. Le maire a admis que la Ville d'Ottawa avait une importante longueur d'avance sur la Ville de Gatineau dans sa préparation. «Gatineau a un certain nombre de projets sur la table, dont certains pourraient se faire en commun avec Ottawa, a-t-il mentionné. Il y a d'ailleurs un projet relativement important dans les cartons, mais je ne suis pas prêt à en discuter maintenant.» Le maire a indiqué que la Commission de la capitale nationale (CCN) a un projet d'illumination de la capitale et que ça pourrait déborder sur la rive québécoise en incluant le ruisseau de la Brasserie. Il avance aussi que la Ville de Gatineau pourrait être tentée de profiter du 150e anniversaire pour fêter le centenaire de l'artiste peintre Jean Dallaire, né à Hull en 1916.

... les augmentations de taxes

Plus les discussions budgétaires approchent, plus le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, semble marcher sur des oeufs quant à l'ampleur de l'augmentation que devront absorber les contribuables gatinois. Il garde ouverte la porte à une augmentation supérieure à 3%. Le cadre financier d'Action Gatineau prévoit une augmentation annuelle des taxes de 2,9%, dont 1% serait dédié aux infrastructures. Il soutient qu'une augmentation de la taxe foncière de 1,9% est tout juste suffisante pour maintenir le niveau de service municipal en place. Certains conseillers municipaux ont déjà soulevé l'idée de faire passer la taxe dédiée aux infrastructures à 2%, une proposition que le maire semble vouloir rejeter. «Ce n'est pas une bonne idée. Les infrastructures plombent la totalité des finances de la municipalité. Je ne ferme pas la porte à hausser les taxes un peu plus que 2,9%, mais il ne faudra pas que ce soit pour les infrastructures traditionnelles.»

... la STO

Le grand ménage amorcé par le maire Maxime Pedneaud-Jobin à la Société de transport de l'Outaouais (STO) au lendemain de son élection à la mairie, un exercice qui doit s'accélérer au cours des prochains mois avec le diagnostic organisationnel qui vient d'être lancé, ne rimera pas nécessairement avec un gel de la quote-part de la Ville. Le maire de Gatineau a laissé entendre que la participation financière de la Ville au budget du transporteur public pourrait encore une fois augmenter cette année. «C'est surtout le niveau d'augmentation qu'on souhaite plafonner, mais pour le reste, je vous demande d'attendre les discussions budgétaires, a-t-il affirmé. Les façons de travailler ont changé à la STO. Le message que nous avons envoyé à la direction de l'organisation est très clair, nous avons l'intention de limiter les augmentations de la contribution de la Ville.»

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