Pas besoin de diplôme pour couper à Gatineau

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Uniquement sur les terrains publics, près de 1250 frênes infestés par l'agrile sont tombés sous le coup des scies à Gatineau ces dernières années.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Contrainte d'abattre des milliers d'arbres ravagés par l'agrile du frêne, la Ville de Gatineau est prête à confier la supervision de ces travaux à des travailleurs sans diplôme, a appris LeDroit.

Parmi les critères exigés par la municipalité dans le premier appel d'offres lancé le printemps dernier en vue de travaux d'abattage, d'élagage et d'essouchement d'arbres sur son territoire, on mentionne que le chef d'équipe devra être titulaire d'un diplôme d'études professionnelles (DEP) accordé par une institution ou un organisme reconnu par la Société internationale d'arboriculture Québec (SIAQ).

Gatineau oblige aussi les soumissionnaires à lui fournir une copie du diplôme du travailleur concerné.

Or, voilà que dans le second appel d'offres, lancé à la mi-juillet et en vigueur jusqu'au 21 août, on ne fait plus mention de diplôme ou d'études parmi les critères demandés.

Pour le chef d'équipe, qui oeuvrera avec un minimum de deux autres employés, on indique simplement qu'il devra être présent en tout temps durant les travaux. Les entreprises intéressées à soumissionner n'ont également plus à fournir un diplôme à la Ville, mais plutôt le nombre d'années d'expérience et la formation académique des élagueurs.

Bien que Gatineau ait abaissé ses standards pour ce contrat d'une durée d'un an, ce type de métier est pourtant reconnu pour sa dangerosité.

La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) déplore plus de 160 accidents de travail par an chez les travailleurs arboricoles. En moyenne, c'est près d'un accident pour chaque entreprise active dans ce domaine.

D'ailleurs, dans de nombreux cas, des travaux de débitage seront nécessaires pour les frênes condamnés, puisque ces derniers se trouvent en plein coeur de la zone urbaine. Les services d'arboriculture des appels d'offres visent principalement les boisés, boulevards et parcs gatinois.

Exigence retirée

Le service des communications confirme que dans le premier appel d'offres, la Ville exigeait des entrepreneurs qu'au moins un employé détienne une certification, ajoutant qu'il s'agissait là d'une première.

Mais étant donné que l'unique firme soumissionnaire respectant cette exigence ne répondait qu'à six des neuf sections de l'appel d'offres et que la Ville dit adhérer à des critères visant notamment à favoriser la concurrence entre les fournisseurs et à donner une chance égale à tous d'obtenir un contrat, l'ensemble des soumissions reçues ont été rejetées.

Ce n'est que par la suite, lors de l'élaboration du deuxième appel d'offres publié en avril, que l'administration a préféré retirer l'exigence d'un diplôme.

Les autorités municipales assurent cependant que la sécurité du public et des travailleurs n'est pas menacée.

«En retirant cette exigence, la Ville s'assure de recevoir et comparer un plus grand nombre de soumissions. Nonobstant celle-ci, chaque entrepreneur travaillant pour la Ville doit répondre aux exigences techniques de la Ville et faire rapport de ses actions pour démontrer que les travaux ont été faits selon les normes. Les entrepreneurs sont encadrés dans leurs méthodes et leurs pratiques par les responsables de l'arboriculture et de la foresterie urbaine de la Ville de Gatineau», affirme le service des communications.

La Ville soutient qu'elle prévoit réintégrer dès 2015 l'exigence d'un diplôme dans son processus d'appel d'offres, précisant au passage que la SIAQ pourrait offrir un programme d'études arboriculture-élagage dès le mois de septembre, en Outaouais.

Uniquement sur les terrains publics, près de 1250 frênes infestés par l'agrile sont tombés sous le coup des scies à Gatineau ces dernières années.

dleblanc@ledroit.com

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