Le petit secret fleuri de la Maison du citoyen

Dans un recoin ensoleillé de la Maison du... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Dans un recoin ensoleillé de la Maison du citoyen, trois horticulteurs - Carole Paré, Yannick Schaeffer et Johanne Desilets - s'assurent que les fleurs et la verdure aient leur place à l'hôtel de ville.

Patrick Woodbury, LeDroit

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À la Maison du citoyen, tout près de la salle où se réunit chaque semaine le conseil municipal de Gatineau, court une passerelle vitrée remplie de plantes exotiques et de fleurs colorées. C'est dans ce recoin sans doute unique au Québec qu'une petite équipe d'horticulteurs soigne avec amour des plantes aux noms évocateurs: aloès, beaucarnea, pandanus, orchidées...

«Ce n'est pas si commun d'avoir un service comme le nôtre dans une municipalité. Lorsqu'ils sont en visite à Gatineau, les maires des autres villes sont impressionnés. C'est la première fois qu'ils voient une chose semblable», explique Yannick Schaeffer, un des trois horticulteurs à soigner les plantes municipales avec Carole Paré et Johanne Desilets.

À l'origine, l'étroite passerelle n'était pas destinée à devenir une mini-serre. Quelques années après la construction de la Maison du citoyen, en 1980, le potentiel de l'endroit est rapidement devenu évident. L'endroit est baigné d'une lumière naturelle en provenance du sud-ouest, idéale pour la croissance des plantes. Le premier horticulteur de la Ville, Daniel Henri, aujourd'hui à la retraite, a bâti cette petite serre où sont entreposées les plantes et les fleurs destinées à décorer le hall de la Maison du citoyen et les bacs extérieurs. Au fil du temps, c'est dans cet endroit qu'on en est venu à préparer les arrangements fleuris pour les événements protocolaires comme la remise de l'Ordre de Gatineau ou la Grande Allée, le gala annuel des employés municipaux. Bon an, mal an, c'est entre 1000 et 1200 plantes qu'on y cultive.

C'est un secret bien gardé, mais la passerelle est accessible au public. Ceux qui sont au courant en profitent amplement, notamment les fonctionnaires fédéraux qui travaillent dans les édifices voisins du centre-ville. «Il y a des employés qui passent dans la passerelle simplement pour se ressourcer au milieu des plantes, raconte Carole. Et il n'y a pas un midi qui passe sans que des passionnés d'horticulture viennent nous demander conseil. Ils veulent savoir d'où viennent les plantes, comment les cultiver. En tout cas, ils nous font pratiquer notre anglais!»

À la blague, Johanne ajoute qu'il y aurait de l'argent à faire avec eux. «Certains veulent même nous en acheter», dit-elle en riant.

Architecture favorable

Dès le départ, l'architecture de la Maison du citoyen favorise la croissance des plantes avec son immense agora baignée de lumière. La majorité des plantes cultivées sur place s'y retrouvent dans de grands bacs. Les horticulteurs choisissent les agencements en fonction des pays qui sont représentés dans le Hall des nations. Ainsi, des agaves et des cactus accompagnent les dons faits par le Mexique à la Ville de Gatineau. Pour la Thaïlande, ce sont des orchidées. L'Indonésie a droit à des cyclamens; la Chine à des bambous. La même logique s'applique pour les choix de fleurs lors des vernissages à la galerie Montcalm. «Si c'est un artiste flyé, on va faire quelque chose de flyé. Et on va essayer d'agencer les couleurs avec l'exposition», explique M.Schaeffer.

Les trois employés disent aimer leur travail. Même si l'entretien des plantes a quelque chose de routinier, les défis qu'apporte chaque événement protocolaire sont très gratifiants pour eux. Sans compter les petits miracles qui surviennent au fil du temps. «C'est bizarre, mais on arrive à faire fleurir des langues-de-belle-mère, alors que c'est très difficile. On réussit aussi à faire fleurir des Dieffenbachia. C'est un mystère, même pour nous, sur comment on arrive à les faire fleurir.»

La majeure partie des plantes vertes sont multipliées à l'interne, permettant des économies. «Une plante qui devient trop haute, au lieu de la mettre au compost, on la coupe, on la met en terre, et ça nous fait une petite plante. Alors au lieu d'en acheter, on en fait comme cela», poursuit M.Schaeffer. Même si la majorité des plantes vont dans les aires publiques, plusieurs se retrouvent dans les bureaux. Le processus de photosynthèse dégage de l'oxygène. «Ça purifie l'air», ajoute-t-il.

Dans le cas des trois horticulteurs, le dicton du cordonnier mal chaussé s'applique à fond. Après avoir eu les mains dans la terre toute la journée, ils ont besoin de se changer les idées après le boulot. «Alors à la maison, c'est le moins possible», raconte Johanne sous les éclats de rire de ses deux collègues.

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