La Ville devrait soumissionner sur ses contrats, croit Action Gatineau

Le chef d'Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Le chef d'Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Martin Roy, Archives LeDroit

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La Ville de Gatineau pourrait soumissionner sur ses propres contrats afin de lutter contre la collusion dans le monde de la construction.

C'est du moins une proposition que le parti Action Gatineau entend soumettre à ses membres lors d'un congrès au printemps. L'idée s'inspire d'une expérience tentée par l'ancienne Ville de Hull entre 1968 et 1984.

À l'époque, le service des travaux publics de l'ex-municipalité était persuadé qu'il se faisait rouler et qu'il payait presque toujours trop cher pour faire réaliser ses travaux d'infrastructures par le privé.

Le conseil municipal a décidé de réagir. Pendant 16 ans, l'ex-Ville de Hull a encouragé son service des travaux publics à soumissionner sur ses propres appels d'offres.

Durant cette période, le service des travaux publics a présenté des prix inférieurs au secteur privé à de nombreuses reprises, remportant 24 des 39 contrats auxquels il a participé.

En jouant ainsi dans les plates-bandes du privé, l'ex-Ville de Hull a ainsi épargné 3,5 millions sur les 22,8 millions$ en contrats qu'elle a remportés, rapporte une étude du professeur Pierre J. Hamel de l'Institut national de recherche scientifique (INRS).

«En moyenne, les travaux publics ont réalisé les travaux en dégageant une économie d'au moins 16%. À première vue, il s'agit donc d'une participation très active et d'une jolie performance», indique M.Hamel dans son étude publiée en 1994.

Même si l'étude date de près d'une vingtaine d'années, ses conclusions sont toujours d'actualité, estime Action Gatineau. Le parti a invité M.Hamel à présenter son travail lors d'un café-conférence le lundi 21janvier au Café Show du secteur Hull.

Une option à étudier

Le chef d'Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime que l'approche anticollusion de l'ex-Ville de Hull a du mérite et qu'elle vaut la peine d'être examinée. Surtout à la lumière des récentes révélations de la commission Charbonneau.

«Dans le contexte actuel, je crois qu'on doit mettre toutes les options sur la table et l'expérience de l'ex-Ville de Hull m'apparaît très intéressante. Quant à savoir si c'est une approche qui peut marcher à la Ville de Gatineau, je ne sais pas si c'est faisable et je ne veux pas m'avancer», dit-il.

C'est que les lois ont bien changé depuis l'ex-Ville de Hull. La charge de travail également. Et c'est sans parler des obligations liées aux conventions collectives.

Dans l'ex-Ville de Hull, c'est un petit comité composé d'un cadre et d'un contremaître, toujours les mêmes, qui analysaient grossièrement leurs chances d'emporter les projets qui se présentaient. Puis ils déterminaient les prix en collaboration étroite avec une petite équipe de cols bleus volontaires, qui travaillaient sur ces contrats. L'ex-Ville de Hull détenait plusieurs avantages concurrentiels sur le privé, selon l'expert.

Dans le prix des soumissions, elle n'avait pas à se prévoir une marge de profit de 20% et payait moins de contributions au régime de santé et de sécurité au travail. En confiant les contrats à des cols bleus, l'ex-Ville s'évitait aussi de négocier des rallonges de contrat - les fameux «extras» évoqués à la commission Charbonneau. Par contre, les salaires étaient plus élevés à la municipalité (30%, voire plus) que dans le privé, en raison des exigences de la convention collective.

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