Prudence, bon jugement et transparence

Stefan Psenak... (ARCHIVES, LeDroit)

Agrandir

Stefan Psenak

ARCHIVES, LeDroit

Patrick Duquette
Le Droit

Les liens d'amitié entre le conseiller municipal Stefan Psenak et Charles Masse, un haut dirigeant du Groupe Heafey, suscitent des réactions à Gatineau.

Le maire adjoint Joseph De Sylva dit respecter la vie privée de son collègue. Mais il préfère, pour sa part, éviter toute familiarité avec les promoteurs immobiliers de Gatineau.

«Je n'ai pas à juger du choix des amis de mes collègues autour de la table. Ils sont libres de faire ce qu'ils veulent, commence M.De Sylva. Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'ai de bonnes connaissances moi-aussi. Mais en ce qui me concerne, je me tiens loin des gens que j'ai connus. Je connais plusieurs promoteurs, mais j'ai toujours conservé mes distances. C'est un choix personnel.»

M.De Sylva s'est montré prudent dans ses commentaires, surtout quand on lui a demandé si Stefan Psenak devrait s'abstenir de voter sur le projet de bibliothèque centrale soumis par le Groupe Heafey. À titre de président de la commission des arts et de la culture, M.Psenak est impliqué de près dans le processus décisionnel, et il a vanté publiquement le projet de Heafey, en mars dernier.

«C'est un choix qu'il aura à faire, et le choix qu'il fera, il devra vivre avec dans le futur», a laissé tomber M.De Sylva. Au final, ajoute-t-il, ce sont les électeurs qui jugeront de la conduite de M.Psenak au moment des prochaines élections.

Au cabinet du maire Marc Bureau, on a refusé de commenter le dossier hier.

Michel Légère se prononce

L'ex-ombudsman de Gatineau et ancien maire de Hull, Michel Légère, a aussi commenté les liens d'amitié entre Stefan Psenak et Charles Masse.

Il salue d'abord le fait que les deux hommes font preuve de transparence sur leur relation, et qu'ils n'essaient pas de se défiler. À ses yeux, la nature de leur amitié est tout à fait d'intérêt public. «Le public a le droit de tout savoir, en tout cas, par rapport à la gestion municipale», dit-il.

À savoir si cette relation d'amitié peut influencer le jugement de M.Psenak dans le dossier de la future bibliothèque centrale, M.Légère estime que c'est une question d'appréciation.

Au bout du compte, ce sera au conseiller de trancher, le moment venu, et de prendre la décision de voter ou non sur ce dossier.

«Si l'amitié, effectivement, vient jouer dans la prise de décision, à ce moment-là, on ne doit pas voter. Mais le problème avec les élus, finalement, c'est que tu rencontres quelqu'un sur la rue, et tu es son ami! À quel niveau se situe l'amitié? À quel niveau cette amitié fait en sorte que tu vas t'abstenir ou ne pas t'abstenir de voter? Ça devient, je dirais, une question qui est personnelle. Il y a une question de jugement et d'appréciation.»

Pour le politicologue Guy Chiasson de l'Université du Québec en Outaouais, la transparence vient jouer un grand rôle dans ce genre de situation.

«En soi, pour un politicien, le fait d'avoir des liens d'amitié avec un promoteur ne me semble pas un manquement à l'éthique. Ce qui en serait, c'est s'il était démontré que ces liens ont mené à des faveurs personnelles ou à contourner les règles normales d'attribution des contrats public. Il est évidemment préférable que ces liens soient connus et que M.Psenak soit transparent là-dessus. Cela inclut le processus de prise de décision dans le dossier (de la bibliothèque centrale) qui doit aussi être transparent pour dissiper les craintes de conflit d'intérêt», indique-t-il.

Toutes nos nouvelles sur ledroitsurmonordi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer