Les deux, trop occupés à meubler leur vie d'enfant, n'en sont pas encore conscients, mais de leur union en l'Église Notre-Dame de Grâce de Hull, l'année du déclenchement de la Première Guerre mondiale, en 1914, naîtront 17 enfants, neuf garçons et huit filles. Du nombre, six filles et trois garçons sont toujours en vie. La descendance de Mastaï et Dorina compte aujourd'hui plus de 150 individus, soit 53 petits-enfants, 68 arrière-petits-enfants et 30 arrière-arrière-petits-enfants éparpillés un peu partout au Canada.
L'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, Michel Prévost, n'hésite pas à qualifier la famille Roy-Lalonde de « pionnière ». « Il y avait beaucoup de grosses familles à l'époque, dit-il. Mais une famille de 17 enfants, c'est beaucoup. Ça correspond aussi avec la croissance très rapide qu'a connue Hull à cette époque. Entre 1881 et 1901, la population de Hull double, passant de 7000 à 14 000 habitants. Hull deviendra rapidement la troisième ville industrielle en importance au Québec. »
Boulanger, ouvrier, activiste
Tôt à l'adolescence, Mastaï dégotte un emploi à la Boulangerie Internationale, située au 239, rue Notre-Dame. Il deviendra même boulanger. Il aide ainsi son père Antoine Roy, un charretier de bois, à subvenir aux besoins de ses frères et soeurs. Pour sa part, la jeune Dorina aide sa mère à tenir maison. Son père, Pierre Lalonde, est menuisier. Le travail ne manque pas à l'époque. Hull doit être reconstruite.
Mastaï ne demeura pas boulanger toute sa carrière. Comme bien des pères de famille de Hull, il devint ouvrier dans les usines du secteur des chutes de la Chaudière. Il commença sa vie d'ouvrier dans les installations de JR Booth, pour ensuite devenir employé de la E.B. Eddy. Il y passa 47 ans comme opérateur de machine à papier.
Ce père de 17 enfants, dont deux sont décédés en bas âge, était aussi très impliqué dans sa communauté. Il avait à coeur la lutte que menaient les Canadiens français pour assurer leur survie. Ainsi, il a été nommé numéro deux de l'Ordre de Jacques Cartier en Outaouais, en 1930.
Plus de détails dans LeDroit du 7 juillet 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca