Faute d'argent, le refuge doit modifier ses heures d'ouverture

Le Gîte Ami ne pourra plus être aussi accueillant

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À compter du 1er août, le refuge ne pourra plus héberger les sans-abri trop malades pour passer la journée dehors. Ils se retrouveront à la rue, tous les matins, comme les autres.

ÉTIENNE RANGER, Archives, LeDroit

Patrick Duquette
Le Droit

À compter du mois d'août, les itinérants se buteront plus souvent qu'avant à des portes closes au Gîte Ami de Gatineau. Faute d'argent, le refuge sera fermé la semaine entre 8 h 30 et 16 h. La direction craint que des sans-abri malades et incapables de se déplacer se retrouvent à la rue en même temps que les autres, les matins de semaine.

Faute de financement, le Gîte Ami supprime son service d'intervention à l'accueil de jour, la semaine. L'accueil est également réduit durant la fin de semaine. Le refuge effectue aussi des coupures au magasin et à l'administration.

L'organisme fait face à un déficit de 100 000 $ et doit effectuer des compressions pour rétablir l'équilibre budgétaire. En gros, le Gîte revient à sa mission première. Les services de jour ne font pas partie de son mandat qui est d'héberger les itinérants durant la nuit.

La disparition des services complémentaires de jour fait craindre le pire aux dirigeants du Gîte Ami. À compter du 1er août, le refuge ne pourra plus héberger les sans-abri trop malades pour passer la journée dehors. Ils se retrouveront à la rue, tous les matins, comme les autres.

Le directeur du Gîte Ami, Luc Villemaire, exhorte le Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de Gatineau à trouver rapidement une solution. « C'est son obligation morale autant que légale », a-t-il clamé hier matin.

À force de trop vouloir bien faire, beaucoup d'organismes communautaires comme le Gîte Ami se sont substitués au système public pour assurer des services sociaux.

« Mais au final, ce n'est pas au Gîte Ami à assumer cette déresponsabilisation », a-t-il martelé.

En conférence de presse, le Gîte Ami a présenté le témoignage filmé de Raoul Jean. Sans logement et incapable de marcher à la suite d'une opération aux jambes, il a profité quelque temps du service d'intervention de jour.

Un autre sans-abri, Gilles Bérubé, affirme que le service de jour a fait une grande différence dans sa vie. Il a pu se remettre d'une opération et se trouver un logement. « Sans eux, j'étais dans la m... C'est le service de jour qui m'a sauvé », a-t-il dit, la voix nouée par l'émotion.

Plus de détails dans LeDroit du 28 juin ou sur ledroitsurmonordi.ca

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