Une assemblée générale qui regroupera des travailleurs de la région aura lieu à 19h30 à la Cabane des aînés de l'Outaouais, dans le secteur Hull.
Si l'horaire le permet, la direction de la FTQ-Construction visitera également quelques chantiers.
Le plus imposant syndicat de travailleurs de la construction au Québec souhaite accroître son nombre de membres en Outaouais. «La région est sur la limite de l'Ontario et c'est une zone importante, car il y a beaucoup d'emplois. Pour nous, c'est toujours un défi d'aller y gagner des membres», explique le directeur général du syndicat, Yves Ouellet.
Organisé tous les trois ans par la Commission de la construction du Québec (CCQ), le scrutin permet aux travailleurs de changer leur allégeance syndicale. Avant le scrutin du 4 au 25 juin, qui se tiendra pour la première fois par la poste, les cinq associations syndicales québécoises qui représentent les travailleurs de la construction s'adonnent à une période de maraudage.
La campagne 2012 aura comme toile de fond la nouvelle loi qui met fin au placement syndical, mais qui modifie aussi la gestion des fonds de formation.
«C'est sûr que le gouvernement aimerait bien ça que la FTQ perdre des membres. On est le cheval à abattre. Ils veulent faire le nord sans la FTQ, donc il faut qu'il s'en débarrasse», fait remarquer M. Ouellet.
Son syndicat représente 42,9% des travailleurs de la construction, loin devant le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction - International (26,1%), la CSD-Construction (14,1%), la CSN-Construction (10,6%) et le Syndicat québécois de la construction (6,3%).
Depuis plusieurs semaines, la FTQ-Construction est d'ailleurs à couteaux tirés avec la CCQ, qui organise le scrutin.
La Presse révélait en mars dernier que la CCQ a accusé la FTQ-Construction de «laisser entendre» qu'il pourrait perturber le scrutin de juin.
De son côté, Yves Ouellet affirme que la nouvelle façon de voter, par la poste, est «un peu risquée». «Vingt-et-un jours pour voter, c'est long en maudit, dit-il. Est-ce qu'il y aura de la fraude? De la manipulation? On ne le sait pas si c'est la bonne personne qui remplit le bulletin».
Lors des derniers scrutins, les syndiqués devaient se déplacer, une façon de procéder qui les exposait à de l'intimidation, selon la ministre du Travail, Lise Thériault.
«On se roulait à terre quand ils ont dit ça. Le gars, une fois rendu au bureau de vote, il a déjà l'intention de voter», poursuit M. Ouellet.
Son syndicat a aussi l'intention de miser sur la santé et la sécurité des travailleurs, cette année, pour accroître son bassin de membres. «On ne peut pas continuer à mourir sur les chantiers. Il y a trop de morts», déplore-t-il.
Le scrutin servira à établir les forces en présence en vue du renouvellement des conventions collectives, qui viennent à échéance le 30 avril 2013.