Droits de scolarité

Le bon feeling de Vaillancourt

Jean Vaillancourt.... (PATRICK WOODBURY, Archives, LeDroit)

Agrandir

Jean Vaillancourt.

PATRICK WOODBURY, Archives, LeDroit

Cette fois, c'est la bonne, croit le recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Jean Vaillancourt est confiant que le gouvernement ira de l'avant avec les hausses des droits de scolarité réclamées par les recteurs des universités québécoises.

En rencontre éditoriale avec LeDroit, hier, M. Vaillancourt a affirmé avoir « un très bon feeling à la suite de la rencontre de lundi », qui réunissait à Québec divers partenaires du milieu de l'éducation.

« Le plus beau signal que j'ai vu, en six ans comme recteur, c'est le résumé de la journée qui a été donné par [la ministre de l'Éducation] Line Beauchamp. [...] Elle a confirmé qu'elle entendait l'urgence d'agir que soulevaient les recteurs et elle a repris nos argumentaires. »

1500 $ de plus par an

L'enthousiasme de M. Vaillancourt n'est évidemment pas partagé par les associations étudiantes et les centrales syndicales - qui ont claqué la porte de la rencontre, lundi après-midi, estimant que les dés étaient pipés.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ) souhaite une hausse de 504 $ par année, pendant trois ans, des droits de scolarité pour les étudiants à temps plein, et ce à partir de 2012. Les frais annuels, qui s'élèvent actuellement à 2168 $, passeraient ainsi à 3680 $ en 2015. Cela représente 60 % de ce que paient actuellement les étudiants des universités ontariennes.

Quoi qu'en disent les opposants à de telles hausses, Jean Vaillancourt soutient que l'accès aux études universitaires n'en serait pas pour autant restreint.

« Ma conviction, c'est que c'est le contraire, si l'argent additionnel est utilisé pour soulager l'impact sur les moins bien nantis. »

L'UQO pourrait voir 12 millions $ s'ajouter à son budget annuel de 65 millions $ si le gouvernement choisit d'imposer les hausses suggérées par les recteurs.

Bourses et aides aux études

S'il n'en tenait qu'à lui, Jean Vaillancourt injecterait chaque année 20 % de ces nouveaux revenus - soit 2,4 millions $ - dans l'octroi de bourses aux étudiants. Une telle mesure devrait toutefois être soumise au conseil d'administration de l'UQO avant de pouvoir se concrétiser. Cette année, l'UQO n'offre que 122 000 $ en bourses d'admission au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat.

Le recteur de l'UQO soulève aussi l'idée d'un programme gouvernemental permettant « un paiement différé des frais de scolarité après la diplomation, avec un bonus ou un soulagement de dette partiel si la personne termine [ses études] dans les temps prescrits ».

Le programme actuel d'aide financière aux études devrait également être revu et bonifié, pense Jean Vaillancourt, pour aider les étudiants les moins riches à encaisser les augmentations.

Ce sont des coupures dans ce même programme de prêts et bourses qui avaient entraîné une grève de plusieurs semaines dans les cégeps et universités du Québec, au printemps 2005.

Mobilisation tiède

M. Vaillancourt ne croit cependant pas que les augmentations des droits de scolarité, peu importe la hauteur qu'elles atteindront, donneront lieu à des mouvements de protestation comme ceux vus lors de la grève du carré rouge - symbole de l'endettement des étudiants - de 2005.

« L'atmosphère est beaucoup moins mobilisée, malgré le spectacle qu'on a eu à Québec lundi, pense le recteur de l'UQO. La mobilisation est beaucoup moins grande qu'en 2005. »

Le risque de grève est encore plus faible à l'UQO, pense M. Vaillancourt, puisque les étudiants de la région « ont une attitude beaucoup plus pragmatique par rapport à la situation ».

La CRÉPUQ affirme que les universités québécoises souffrent d'un manque à gagner qui atteint 620 millions $ par année par rapport à la moyenne des universités ailleurs au pays.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer