Les membres du Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO) sont débarqués au bureau de Buckingham du ministre Lawrence Cannon, en matinée, avant de traverser la rivière pour déposer la pétition au bureau d'Ottawa de la ministre Diane Finley, responsable du dossier. Avec l'appui des villes de Montréal, Québec, Longueuil et Gatineau - qui ont adopté des résolutions en ce sens - ils demandent que le financement annuel passe à 50 millions $ pour l'ensemble de la province.
« Le fédéral doit s'activer rapidement, lance Jenny Villeneuve, coordonnatrice du CRIO. Chaque année, c'est la même chose. Les projets actuels se terminent le 31 mars prochain et on n'a aucune idée de ce qui s'en vient. C'est un bon programme qu'il faut maintenir, mais aussi bonifier, parce que l'enveloppe est insuffisante. »
L'Outaouais reçoit un peu moins de 920 000 $, afin de financer 17 projets sur une période de trois ans. Selon les intervenants de la région, le manque à gagner atteint 3 millions $. À Gatineau, tout près de 3000 ménages utilisent plus de 80 % de leurs revenus pour se loger. « Ce sont des ménages qui fréquentent les soupes populaires et qui sont à haut risque d'itinérance », explique le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy.
Directrice des Oeuvres Isidore Ostiguy et présidente du CRIO, Louise Guindon est aux premières loges pour constater à quel point le problème de l'itinérance prend de l'ampleur en Outaouais. Il y a quatre ans, l'organisme portait secours à 560 familles vivant des moments difficiles en matière de logement. Aujourd'hui, elles sont plus de 900 à cogner à sa porte.
« On ne rajoute jamais d'argent neuf, déplore-t-elle. On ne peut pas augmenter les conditions de travail des employés, donc il y a beaucoup de roulement. Pendant ce temps, les demandes ne cessent d'augmenter. »
Même son de cloche du côté d'Annie Castonguay, directrice générale de Vallée Jeunesse, une ressource d'hébergement pour les 16 à 20 ans. La durée moyenne des séjours est passée de six à seize mois, tandis que le nombre de résidants grimpait de 27 à 48. « Les jeunes ont de la difficulté à quitter faute de trouver un logement décent, tout en ayant assez d'argent pour manger et se payer une passe d'autobus pour aller travailler », dit-elle.