La Ville de Gatineau était au courant de la nécessité de démolir le troisième étage de l'édifice historique, incluant la tourelle, a maintenu hier après-midi M. Dormani, lors d'un point de presse de plus d'une heure.
« C'était la bonne décision. Il n'y a pas eu d'erreur. Peut-être qu'il y a eu un manque de communication. Mais les experts nous disent qu'il n'y avait pas d'autres solutions », a soutenu M. Dormani, qui était accompagné de l'entrepreneur responsable des travaux, Sylvain Bertrand, président de SLBL Construction et de l'architecte Mario Viveiros.
La démolition d'une bonne partie de l'hôtel Chez Henri, le 6 mai, a provoqué la colère de citoyens, de défenseurs du patrimoine et de conseillers municipaux.
Selon M. Bertrand, la Ville de Gatineau était au courant depuis octobre 2008 que le toit devait être démoli. Et depuis mars dernier, la municipalité savait aussi que le troisième étage devait aussi être détruit.
« Le 6 mars, on a déposé une nouvelle série de plans à la Ville qui, pour la première fois, identifient les murs du troisième étage - qui sont au coeur de la controverse dernièrement - pour une démolition. »
Le permis de démolition, d'excavation et de fondation a ensuite été émis le 20 mars. Sylvain Bertrand conclut donc que la Ville était au courant. « La Ville ne nous a pas dit 'On ne démolit pas le troisième étage'. À partir du 6 mars, les instructions que l'on a eues, c'est que le troisième n'était plus réutilisable. »
« Murs instables »
MM. Dormani et Bertrand ont aussi montré une lettre de la firme d'ingénieurs Genivar. Datée du 7 mai, après le début des travaux de démolition, la lettre indique que « suite à l'enlèvement de la toiture, il a été constaté que les murs extérieurs entre le troisième et quatrième étages en terracotta étaient instables et se démantelaient à la main. »
« Imaginez si ce troisième étage, qui n'était pas sécuritaire, tombait sur un travailleur ou un piéton. Qui serait responsable ? » a dit Nader Dormani, qui accuse la Ville de manquer de courage.
Nader Dormani a montré des copies de courriels échangés avec la Ville, dont un qui démontre que le département de design urbain et revitalisation était au courant du rapport de Genivar qui « justifie la démolition du 3e étage ».
Rien dans ces courriels n'indique toutefois noir sur blanc que la Ville a autorisé cette démolition. Mais selon Sylvain Bertrand, « clairement, le permis indique que l'on peut démolir les portions qu'on a à démolir au niveau du bâtiment. »
L'entrepreneur croit qu'il peut y avoir eu manque de communications ou que certains détails des plans ont échappé aux experts de la Ville de Gatineau.
Nader Dormani a dit ne pas vouloir partir en guerre contre la Ville. Il souhaite travailler avec la municipalité pour compléter le projet qui sera identique, du point de vue architectural, à l'ancien hôtel. L'architecte responsable Mario Viveiros a souligné de son côté que des éléments du troisième étage, dont des briques, des pierres et des garnitures, ont été préservées et seront réutilisées.