L'information régionale en voie de disparition

Le président d'Influence Communication, Jean-François Dumas, les francophones... (Archives, La Presse)

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Le président d'Influence Communication, Jean-François Dumas, les francophones hors Québec représentent à peine 0,5% de l'ensemble des nouvelles dans l'ensemble des médias du pays.

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Paul Gaboury
Le Droit

Alors que « de Gaspé à Gatineau » les régions perdent de leur poids dans l'écosystème médiatique du Québec, celui des communautés francophones hors Québec peut désormais se comparer à l'« horoscope » ou à « cinq minutes de diffusion d'un match de hockey » dans les différents médias du Canada.

Expert dans l'analyse du contenu médiatique, Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, a livré un témoignage « choc », mardi, devant le comité parlementaire du Patrimoine canadien qui poursuit son étude sur l'avenir des médias locaux.

« Au cours des quinze dernières années, les régions ont perdu 88 % de leur poids dans l'écosystème médiatique, a mentionné M. Dumas. Si on compare, au début des années 2000, environ 8 % de tout le contenu médiatique quotidien au Québec portait sur les régions. Aujourd'hui, en 2016, c'est moins de 1 %. Donc les particularités régionales tendent à disparaître. On a le même contenu diffusé au Québec, de Gaspé à Gatineau. Les régions disparaissent peu à peu de l'écosystème médiatique ».

Le poids des francophones hors Québec est encore pire dans les médias du pays, selon M. Dumas.

« On a fait également des analyses ailleurs au Canada, sur les communautés francophones hors Québec. Selon Statistique Canada, les francophones hors Québec représentent plus de 3 % de la population, mais seulement la moitié d'un pour cent de l'ensemble des nouvelles au Canada. C'est l'équivalent de la médiatisation de l'horoscope dans les médias au Canada, ou de cinq minutes de diffusion d'une partie de hockey. Donc, les communautés francophones hors Québec disparaissent peu à peu elles aussi de l'écosystème médiatique » a expliqué M. Dumas. 

« Mcdonalisation » du contenu

Si la télévision est le média « par excellence » pour changer les modes et les tendances à court terme, M. Dumas soutient qu'elle sert désormais moins l'information locale avec la « mcdonalisation » du contenu. 

« La télévision est le média qui sert le moins bien l'information locale parce qu'il y a de moins en moins de stations, de personnel et il y a un phénomène de 'mcdonalisation' du contenu. Si on veut couvrir la Gaspésie, il faut qu'il y ait un intérêt pour les Montréalais, sinon on n'en parle pas. Cela contribue à affaiblir la représentativité tant des régions que des communautés dans l'ensemble de l'écosystème médiatique », a expliqué M. Dumas.

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