Un dollar par jour, un dollar de trop?

Myriam Cournoyer peut recevoir de nouveau sa récompense... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Myriam Cournoyer peut recevoir de nouveau sa récompense d'un dollar par jour. À l'arrière, ses parents Elia Garcia et Bernard Cournoyer.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Pendant plus d'un an, l'État québécois a enlevé à une femme trisomique de Gatineau sa récompense d'un dollar par jour pour son implication dans un centre d'artisanat communautaire de l'Outaouais.

Myriam Cournoyer, 26 ans, se rend trois fois par semaine au Centre artisanal pour la déficience de l'Outaouais (CADO). Ces jours-ci, elle peint des pères Noël. L'activité lui permet de socialiser, de s'intégrer, de prendre confiance en elle, et de donner du répit à ses parents.

Les pères Noël seront vendus, et l'argent permettra à l'organisme de poursuivre ses activités. Les artisans peuvent aussi le garder pour eux.

De son côté, le CADO donne un dollar à chaque participant pour chaque journée d'implication. Cela leur permet d'acheter des croustilles ou une friandise à la cantine.

À trois participations par semaine, elle peut recevoir jusqu'à 12 $ par mois.

Non

Mais voilà que le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale a décidé, en avril 2015, de soustraire ces petites sommes à la prestation de solidarité de Myriam Cournoyer.

« Incroyable, réagit son père, Bernard Cournoyer. Le matamore vole le suçon de la fillette. » Pour sa fille, ne plus recevoir ce dollar a été « dramatique ».

La logique du ministère, selon le père, est que le ministère doit soustraire les sommes reçues qui ne sont pas un salaire.

Le dollar versé par le CADO n'est effectivement pas considéré comme un salaire. L'organisme devrait, dans ce cas, verser le salaire minimum. « Pour nous, le dollar a un but éducatif, explique le directeur de l'organisme, l'ancien conseiller municipal Aurèle Desjardins. Le dollar, ils le dépensent comme ils veulent, ou ils décident de l'économiser. C'est leur décision. Cela les valorise. Ils savent que c'est leur semaine de 'paie'. Ils l'attendent ! »

Avant avril 2015, la jeune femme s'impliquait sans pénalité. « Ma femme le déclarait et ça ne changeait rien, dit M. Cournoyer. Mais un nouvel agent est arrivé. Il a dit : 'Non, là, il faut payer.' Chacun interprète la loi à sa façon. »

Oui

Le couple a contesté la décision du ministère. La Direction de la révision des programmes l'a maintenue. Les Cournoyer sont allés en appel au Tribunal administratif du Québec, et ont décidé de communiquer avec l'équipe de La Facture, à Radio-Canada.

« Comme l'équipe de tournage arrivait chez nous, explique M. Cournoyer, on nous a dit que c'était réglé. »

L'an dernier, Aurèle Desjardins a contacté le député de Chapleau, Marc Carrière. « Il a fait quelque chose de bien, je pense. Le ministère en a été informé, puis c'est revenu », dit le directeur du CADO.

Bernard Cournoyer ne sait pas « s'il faut en rire ou en pleurer ». Environ 70 personnes bénéficient des activités du CADO, qui remet environ 10 000 $ annuellement à ses participants, en guise de récompense.

« Quand on a dit à Myriam qu'elle allait ravoir son argent, c'est comme si elle avait gagné le million », raconte le père.

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