Des mal-logés réclament 2 milliards $

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Les manifestants ont réclamé une stratégie canadienne sur le logement basée sur les droits humains et axée sur le logement social.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

Plus de 300 membres du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont manifesté, jeudi, devant la résidence provisoire du premier ministre Justin Trudeau à Rideau Hall, pour réclamer une stratégie canadienne sur le logement basée sur les droits humains et axée sur le logement social.

À quelques jours d'une rencontre internationale sur le logement, qui se tiendra du 17 au 20 octobre en Équateur, les manifestants voulaient ainsi marteler l'importance de reconnaître le droit au logement dans une loi canadienne, une demande basée sur une recommandation du comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU. Ils voulaient aussi souligner la fin, le 21 octobre, de la consultation lancée par le gouvernement Trudeau sur la Stratégie canadienne sur le logement. 

« Le Canada est le seul pays développé qui n'a pas de stratégie sur le logement, un droit pourtant reconnu par les Nations Unies, et où les animaux ont plus de protection que les sans-abri », a déploré François Roy, coordonnateur de Logement'Occupe, accompagné de François Saillant, coordonnateur du FRAPRU.

1,5 million de ménages

En même temps, les représentants du FRAPPU et de Logemen'Occupe ont réclamé que cette stratégie prévoie 2 milliards $ additionnels par année en habitation pour faire face aux besoins de plus de 1,5 million de ménages, dont près d'un million de locataires, qui ont des besoins impérieux de logement.

« Si le gouvernement Trudeau est sérieux dans sa volonté de financer du logement qui soit réellement et durablement abordable, c'est dans du logement à but non lucratif, appartenant à la communauté, qu'il doit le faire », a indiqué M. Saillant.

En Outaouais, plus de 7000 ménages auraient des besoins impérieux en logement, selon François Roy. 

« Il est aberrant qu'il n'y ait pas d'investissements pour la construction de nouveaux logements sociaux et que les subventions aux ménages diminuent. Le parc de logements a aussi besoin de réparations », a-t-il déploré. D'autres coopératives vont être coupées, comme ce fut le cas à Montréal, récemment, si rien n'est fait. « Il faut envoyer un drapeau rouge au gouvernement afin que les subventions soient maintenues », a expliqué M. Roy.

« Au lieu d'être saupoudré dans toutes sortes d'initiatives, incluant l'accès à la propriété qui

n'est pas une urgence dans le contexte actuel, l'argent doit aller à la construction de nouveaux logements sociaux. Et nous espérons que le gouvernement profitera du prochain budget pour le confirmer », a souligné M. Saillant.

Le groupe de manifestants s'est par la suite dirigé vers l'ambassade du Japon, en appui à ceux qui ont dû fuir la ville de Fukushima en raison de l'accident nucléaire provoqué par le tremblement de terre du 11 mars 2011. Le gouvernement veut les forcer à réintégrer leurs demeures, en leur coupant leurs allocations au logement en mars 2017. Des études menées par divers organismes indiquent que le degré de radiation y est extrêmement élevé et représente un danger majeur pour la santé et la vie des personnes qui y seront exposées, a-t-on expliqué lors de cette manifestation.

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