Mario Harel nommé «chef des chefs» de police du pays

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Le chef du SPVG, Mario Harel, a devenu lundi le président de l'Association canadienne des chefs de police.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Mario Harel, est devenu le «chef des chefs» de police, d'un océan à l'autre.

À peine 24 heures après son élection unanime à la tête de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP), M. Harel s'est prononcé mardi sur les enjeux qui marqueront son mandat de deux ans, se réjouissant au passage de l'oreille attentive du nouveau gouvernement fédéral.

M. Harel est passé de vice-président à numéro un de l'organisme comptant plus de 1000 membres, lors du congrès de l'ACCP, qui se termine mercredi à Ottawa.

Il compte profiter de son nouveau poste pour marquer des points sur la colline parlementaire.

«Avec l'arrivée du nouveau gouvernement, il y a un dialogue avec l'ensemble des décideurs qui touchent la sécurité publique, dit M. Harel. [Le gouvernement] écoute nos enjeux et on écoute ceux du gouvernement; il y a une bonne communication avec les autorités. On sent qu'il y a une écoute et on sent un désir d'améliorer le cadre législatif dans le but d'améliorer la sécurité publique.»

M. Harel sera président lorsque le gouvernement Trudeau légalisera la marijuana l'an prochain. Ce dossier fait d'ailleurs partie des préoccupations à court terme de l'ACCP.

L'organisme favorise l'instauration d'un système de permis pour s'assurer que les produits du cannabis aient une teneur en THC (tétrahydrocannabinol, la substance active du cannabis) connue, «sans présence de pesticide ou d'autres drogues».

La question autochtone

Le chef gatinois s'attend aussi à travailler sur les thèmes de la confiance de la population, de la sécurité nationale, des disparitions des femmes autochtones et des interventions policières dans chez les Premières Nations. «C'est une bonne nouvelle de rencontrer les ministères de la Justice, de la Sécurité publique et des Affaires autochtones.»

Personnellement, il veut améliorer la collaboration entre les différents services de première ligne, comme les pompiers, les paramédics, les policiers et les intervenants en santé et service social.

Alors que la Commission d'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées tentera de trouver des solutions à ce que la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould a déjà qualifié de «honte nationale», le chef Harel confirme que les agents et enquêteurs doivent s'adapter au terrain.

«Les services de police travaillent en fonction de leur communauté, mais les techniques et les moyens d'enquête sont tous les mêmes. Les policiers ont un cartable lorsqu'ils interviennent pour une disparition ou une autre intervention auprès d'autochtones. Un cartable spécifique pour les guider. Il y a un autre cartable pour aider les familles. Mais les moyens d'enquête demeurent les mêmes (auprès des autochtones et non autochtones).»

Le président de l'ACCP souhaite d'ailleurs un financement «solide et récurent» pour les corps de police autochtones.

Les chefs de police veulent les mots de passe des suspects

Les directeurs des services de police du Canada veulent avoir accès aux mots de passe informatiques des suspects pour mieux lutter contre la cyberpédophilie et le terrorisme.

Une résolution en ce sens a été adoptée lors du congrès de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP), qui a lieu à Ottawa cette semaine.

L'organisme, dont le nouveau président est le chef de la police de Gatineau, Mario Harel, milite en faveur d'une loi leur permettant d'obtenir auprès d'un juge un mandat pour mieux déchiffrer des preuves autrement impossible à obtenir.

L'ACCP estime que les criminels - de plus en plus habiles - cachent leurs informations en les cryptant.

Le commissaire adjoint de la Gendarmerie royale du Canada, Joe Oliver, a précisé que la loi canadienne ne permet pas, pour le moment, d'obliger une personne à donner son mot de passe à un policier lors d'une enquête. «Les pédophiles, par exemple, agissent dans le plus grand anonymat. Les moyens d'enquête ne nous permettent pas d'aller jusque là (l'obtention du mot de passe).»

Le nouveau président de l'ACCP abonde dans le même sens. «Il y a des situations où le défi est d'identifier le criminel. On intercepte les communications, mais nous sommes parfois confrontés à notre propre capacité d'analyser et d'interpréter des fichiers pour en faire des preuves intelligibles pour la poursuite (la Couronne)», précise Mario Harel.

- Avec La Presse canadienne

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