FSM: beaucoup de chemin à faire entre problèmes et solutions

Le co-coordonnateur du Forum, Raphaël Canet, a qualifié... (Marc Braibant, Archives AFP)

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Le co-coordonnateur du Forum, Raphaël Canet, a qualifié l'événement de «succès en termes de participation et de qualité des échanges».

Marc Braibant, Archives AFP

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Les organisateurs du Forum social mondial 2016 (FSM 2016) reconnaissent qu'il y a un grand bout de chemin à faire pour que se réalisent les changements que proposent ses participants, mais tracent tout de même un bilan fort positif de l'événement au lendemain de sa clôture.

«C'est clairement un succès en termes de participation et de qualité des échanges, et de résultats en termes d'initiatives et de propositions d'actions qui sont sortis du forum», a indiqué le co-coordonnateur de l'événement, Raphaël Canet, en entrevue avec La Presse canadienne, lundi.

Il s'est notamment réjoui du nombre d'initiatives et de propositions d'actions avancées à l'issue du FSM 2016.

Ces propositions tournent notamment autour de journées d'action mondiale pour réclamer l'abolition des paradis fiscaux afin de lutter contre les inégalités sociales.

«C'est clair que c'est une donnée fondamentale du problème, tout l'argent qui est injecté dans les paradis fiscaux et non dans des services publics qui permettraient d'améliorer les conditions de vie de la majeure partie des gens du monde entier», a-t-il précisé.

La dégradation environnementale, également au coeur des discussions, découle aussi du modèle économique, selon les participants, et ne peut être contrée sans que ce modèle ne soit revu et corrigé.

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité d'intensifier la pression sur les pouvoirs publics pour qu'ils obligent les grandes entreprises à se soumettre à une fiscalité plus équitable.

«Il y a une urgence d'agir, de se mobiliser et de proposer des solutions. On les connaît. Ce qui manque, c'est la volonté politique de les mettre en oeuvre et ça, ça viendra s'il y a une mobilisation citoyenne et une pression pour des actes concrets», a indiqué M. Canet.

Bien qu'ils interpellent les pouvoirs publics, les organisateurs du FSM 2016 n'ont toutefois pas invité formellement les gouvernements du Canada et du Québec à y déléguer des participants.

«Ils ont été informés de la tenue de l'événement et ils auraient pu venir sans problème, non en tant que représentants des gouvernements, mais en tant que citoyens qui témoignent de la mise en oeuvre de politiques spécifiques par rapport à ces problématiques, mais ils ne sont pas venus», a indiqué le porte-parole.

Il note par ailleurs que les canaux de communication entre les organisations de la société civile et les gouvernements canadien et québécois sont déjà bien établis et il s'attend à ce que le message soit relayé sans faute de toute façon.

Avec une pointe d'ironie, il souligne que les communications ont bel et bien été établies avec le gouvernement fédéral après qu'un peu plus de 200 invités se sont vus refuser l'accès au pays par Immigration Canada.

«Là, on a un dialogue avec le gouvernement, justement, qui permet de montrer l'impact que le système d'octroi de visas canadiens peut avoir sur les gens et sur la vision que les gens du monde entier ont sur le Canada et sur l'accès à son territoire.»

L'impact négatif s'est d'ailleurs manifesté de façon assez claire en marge de l'événement, a précisé M. Canet. «On a entendu souvent: vos multinationales viennent prendre leurs ressources chez nous et nous, on ne peut pas aller échanger nos idées chez vous», a-t-il laissé tomber.

Le nombre de visas refusés n'était pas encore connu lundi: le comité organisateur avait envoyé quelque 2000 invitations et avait ensuite vérifié auprès de ces invités si tout se passait bien à l'approche de l'ouverture. Sur 350 réponses, plus de 200 avaient indiqué que leur demande de visa avait été refusée.

Le FSM 2016 était le tout premier à se tenir dans un pays du Nord.

Le Forum social mondial, lancé en 2001 à Porto Alegre, au Brésil, se veut un contrepoids au sommet économique de Davos, en Suisse, où se réunissent annuellement les dirigeants politiques et économiques du monde entier.

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