Sensibiliser une craie à la fois

Lily Ryan dessine un coeur en craie sur... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Lily Ryan dessine un coeur en craie sur le sol. L'activité sert à sensibiliser la population aux différences d'identités et d'orientations sexuelles.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Joie et légèreté : c'étaient les deux mots d'ordres que se sont donnés trois amis d'Aylmer pour augmenter la visibilité de la communauté LGBT+ locale. Difficile, effectivement, de faire plus léger que la méthode choisie.

Samedi en début d'après-midi, Isabelle Barrieau-Garneau, David Adam-Perry et Stéphanie Meunier avaient pris d'assaut le pavé du Parc commémoratif, en face de la Basoche, à Aylmer. Le trio avait placé quelques bacs de grosses craies de toutes les couleurs en attendant que des artistes d'un jour, de la communauté LGBT+ ou non, viennent décorer l'asphalte de dessins et de messages positifs en soutien à ceux et celles dont l'identité de genre, de sexe et d'orientation sexuelle diffère de la « norme » pour le 6e événement Craie en ciel. « L'événement, c'est vraiment pour sensibiliser la population locale du fait qu'il y a vraiment une communauté LGBT+ qui est présente, ici, à Aylmer, explique Isabelle. On essaie d'être un événement positif, pour dire qu'on est présents, et pour faire un petit 'coucou, bonjour' vraiment local. »

L'idée leur est venue il y a maintenant 6 ans, alors que les trois étaient élèves au secondaire. La joyeuse bande s'était amusée à déverser sa créativité sur l'asphalte pour propager le même message. Mais à leur départ, quelques bouts de craie ont été oubliés derrière. « Le lendemain, des messages positifs avaient été laissés, continue Isabelle. C'était vraiment bien, alors on a décidé de le refaire l'année suivante et d'inviter plus d'amis. »

Au départ, l'événement attirait une quinzaine de copains. Dans ses dernières éditions, grâce à la magie des médias sociaux, l'achalandage de Craie en ciel a grimpé à une cinquantaine de participants.

Manque de ressources

Aujourd'hui devenus de jeunes adultes, ils déplorent le manque de ressources à Aylmer. C'est qu'il n'existe un seul organisme qui s'adresse spécifiquement aux jeunes LGBT+, explique Devin, soit Jeunesse Idem, qui dessert l'Outaouais en entier. Certes, l'organisme propose aux jeunes de 14 à 25 ans des services qui sont fort appréciés, comme des ressources et des groupes de soutien. Mais en comparaison avec Ottawa ou avec les autres grands centres urbains, la région fait piètre figure avec son seul lieu connu où cette clientèle peut se regrouper. 

« Même là, il faut se déplacer à Hull pour aller à l'organisme. Il n'y en a pas d'autres à Aylmer. Si je prends l'autobus, ça me prend un bon 45 minutes pour m'y rendre. Et je n'ai pas le choix de le faire », se désole le jeune homme.

 Environ 45 personnes ont été de la partie samedi, de midi à 15 h. Mike Duggan était le premier au rendez-vous. Mais le conseiller du district Lucerne est accouru pour préciser qu'il était là surtout pour s'assurer que les artistes ne barbouillent pas le Monument aux Braves, qui trône au coeur du Parc commémoratif. Au final, quelques enfants ont y tout de même laissé leur marque, au grand dam des organisateurs.

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