Des empreintes digitales pour aller glisser

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La direction du parc aquatique Calypso promet qu'aucun membre du personnel n'a accès aux données des empreintes digitales, et qu'elles seront détruites si les abonnements ne sont pas renouvelés.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Une femme de Casselman s'interroge sur la nouvelle pratique du parc aquatique Calypso, qui exige dorénavant des titulaires d'une carte de membre de fournir l'empreinte digitale d'un pouce à l'entrée.

«On m'a dit que si je ne voulais pas donner l'empreinte, je ne pouvais plus rentrer», dénonce Marquise Lafrance, qui acheté son abonnement annuel pour l'été 2016 en octobre dernier. «Ce n'était dit nulle part dans les conditions. On m'a dit l'autre jour que le nouveau système avait été installé il y a quelques semaines.»

La résidente de l'Est ontarien s'est présentée récemment au parc avec sa carte de membre (munie d'une photo) en main. Elle croyait que cela lui suffirait pour entrer se rafraîchir et profiter de la journée avec une amie. «Mais non, explique-t-elle. On m'a dit que mon empreinte était obligatoire, même avec ma carte.»

La cliente est réfractaire à cette pratique. Elle juge qu'une empreinte est une chose très personnelle et qu'il en va de sa vie privée. «J'ai ma carte, j'ai payé, ça devrait suffire.»

Le personnel l'a laissée passer une dernière fois - sans empreinte - grâce à sa carte. On l'a averti qu'il en serait autrement la prochaine fois.

Une mesure antifraude

Dans un courriel, la direction du parc aquatique Calypso répond que le système de double vérification vise à «éliminer toutes fraudes reliées à l'échange de laissez-passer saisonniers». Le code-barre de la carte et la prise d'une empreinte doivent diminuer ce genre de crime, selon l'entreprise.

Le système est développé par la firme américaine Siriusware.

«Des systèmes d'accès basés sur la lecture d'empreintes digitales sont également utilisés dans plusieurs parcs d'attractions en Amérique du Nord, dont Walt Disney World», explique la filliale de Village Vacances Valcartier.

La direction du parc aquatique promet qu'aucun membre du personnel n'a accès aux données des empreintes, et qu'elles seront détruites si les abonnements ne sont pas renouvelés.

«Les clients hésitants à ce système sont invités à se procurer des laissez-passer journaliers qui ne requièrent pas la prise d'empreintes digitales», conclut le parc.

Des inquiétudes sur le plan de la vie privée

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada dit ne pas avoir reçu de plainte à ce sujet.

«Nous avons contacté la compagnie pour recueillir plus d'informations et nous attendons une réponse», répond l'organisme par courriel.

«Les préoccupations soulevées par les systèmes biométriques attirent de plus en plus l'attention des commissaires à la protection de la vie privée des provinces et territoires du Canada», lit-on sur son site Internet.

Toujours selon le commissariat, les données biométriques peuvent aussi être réunies, utilisées ou communiquées par des organisations du secteur privé, qui peuvent être assujetties à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques. La surveillance de cette loi relève du commissariat.

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