Vacances et médias sociaux: prudence!

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«En vacances à Cuba pour la prochaine semaine, prière de ne pas me déranger.» «Toute la famille en direction de la Gaspésie.» Des phrases banales, écrites sans trop y penser, égoportrait inclus, sans compter la géolocalisation.

En cette ère d'instantanéité, bon nombre d'utilisateurs des médias sociaux n'hésitent pas à dire publiquement qu'ils sont en vacances ou absents de la maison, semblant oublier les risques auxquels ils s'exposent. 

Un sondage réalisé pour la compagnie d'assurances Allstate révèle qu'un Québécois sur quatre avoue avoir déjà publié sur les médias sociaux qu'il était en vacances, une proportion qui double (52%) chez les 18 à 24 ans. Dans le groupe des 25 à 34 ans, 43% des utilisateurs de Facebook, Twitter, Instagram et compagnie ont déjà fait de même. 

Or, même s'il est normal d'être débordant d'enthousiasme quand sonne l'heure des vacances, la prudence est de mise sur le Web, rappelle l'assureur, précisant que certains cambrioleurs ciblent désormais des résidences grâce aux informations publiées en ligne. 

Éviter de mentionner ses projets de vacances et ses sorties à l'extérieur de la maison sur les réseaux sociaux devrait faire partie des habitudes pour se prémunir contre les vols ou introductions par effraction, au même titre que de se munir d'un système d'éclairage automatique, de demander à un proche de recueillir le courrier postal et de verrouiller les portes et fenêtres.

Ces données sont loin d'étonner la professeure en sociologie à l'Université d'Ottawa, Diane Pacom. 

«C'est un phénomène qui démontre que nous sommes dans une espèce de période de transition entre la citoyenneté traditionnelle et virtuelle. On navigue entre les deux et ça nous joue des tours. [...] Il faut aborder le rapport avec les autres d'une façon différente. On n'a pas encore mentalement et intellectuellement embrassé cette réalité, on a vraiment l'impression qu'on a un jouet sexy avec lequel on peut s'amuser, mais on ne réalise pas à quel point il peut aussi être pervers et nocif. Il y a une forme de naïveté là-dedans», dit-elle.

Il y a également une forme de narcissisme dans cette pratique de partager tous les moments de notre vie, y compris nos vacances, sur les médias sociaux, estime Mme Pacom.

«Il y a un côté exhibitionniste, qui nous vient du vedettariat, comme si on avait un fan club. Tout ça prend parfois le dessus sur la raison, c'est ce que je trouve perturbant», dit-elle.

Autres données du sondage: 60% des hommes et 51% des femmes ne pensent pas toujours à désactiver la fonction de géolocalisation sur leur cellulaire lorsqu'ils sont en voyage. 

Les jeunes ne sont pas en reste et ont tout intérêt à être aussi sensibilisés aux dangers auxquels ils exposent la résidence familiale en partageant les détails de leurs allées et venues sur les médias sociaux. Un répondant sur trois dont les enfants possèdent des comptes sur les médias sociaux ne vérifie pas ce que ces derniers publient au quotidien.  

Afin de se protéger contre d'éventuels crimes ou désagréments, Allstate conseille aux vacanciers de vérifier les paramètres de confidentialité et de sécurité de leurs comptes de médias sociaux afin de les régler au niveau maximum, d'éviter d'annoncer que l'on est en vacances autant sur la boîte vocale que sur le web, d'éviter de publier des photos contenant des données de géomarquage et de privilégier une mise en ligne de photos sur les médias sociaux à son retour de voyage.

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