«Heureux d'être ici» et d'avoir échappé au chaos

Malgré que son arrivée au Canada lui ait... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Malgré que son arrivée au Canada lui ait coûté beaucoup, Bashar Alhalabi est heureux de pouvoir élever sa famille loin de la guerre. On le voit ici aux côtés du maire d'Ottawa Jim Watson.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Depuis qu'il est au pays, Bashar Alhalabi, un réfugié et ancien dermatologue en Syrie, n'a plus ces cauchemars où il craignait de se faire enlever ses enfants.

Du sang partout, des balles à gauche et à droite, des édifices qui s'écroulent, sa vie quotidienne était devenue un enfer, a-t-il raconté en anglais du haut du podium vendredi devant des membres d'organismes communautaires, du conseil municipal d'Ottawa et des donateurs du secteur privé.

«Vous ne pouvez pas vous imaginer, a-t-il expliqué, d'entendre des tirs de balle tous les jours, toutes les nuits, de voir des édifices détruits et du sang partout. La dernière année où je vivais en Syrie, j'avais des cauchemars tous les soirs que mes enfants seraient kidnappés alors je ne permettais pas qu'ils jouent dehors.»

Tout de même, il lui a coûté de tout quitter: son rang de dermatologue réputé, ses biens, ses parents.

«C'était très difficile pour moi», admet M. Alhalabi, dans un anglais plus qu'acceptable. Mais il cherchait un pays plus sécuritaire qui pourrait offrir un avenir à ses enfants.

Il est arrivé à Ottawa il y a deux ans et demi avec sa famille sans parler un seul mot d'anglais. Il a choisi le Canada, dit-il, parce qu'il avait déjà visité ce pays qu'il aime à deux reprises et qu'il a une soeur à Ottawa.

«Je suis très heureux d'être ici», a-t-il expliqué par la suite aux journalistes. Il s'intéresse à la vie canadienne et «j'aime faire comme les Canadiens.»

«Tout, répond-il lorsqu'on lui demande de préciser. Vous ne pouvez pas vous imaginer. La première année de mon arrivée, je me suis procuré un permis de pêche, je vais pêcher par exemple.»

À cela s'ajoute le patin et le ski.

M. Alhalabi est en train de monter un commerce en lien avec son ancien métier de dermatologue.

Ses trois enfants, 14, 11 et 7 ans, se débrouillent bien à l'école et se sont faits des amis.

Il veut faire venir une deuxième soeur qui a échappé à la guerre et qui s'est réfugiée au Liban avec son mari et ses deux enfants. Le processus de parrainage est démarré.

«Ils rêvent tous les jours de déménager au Canada.»

Près de 900 000$ amassés par Ville unie

L'initiative Ville unie pour les réfugiés a recueilli 869 000$ pour veiller aux besoins des réfugiés syriens qui sont déjà arrivés dans la capitale et en parrainer 89 autres. D'ici la fin de l'année c'est 2000 réfugiés qui auront mis le pied dans leur nouveau domicile à Ottawa.

Lancée en septembre, cette initiative communautaire dont le maire Jim Watson a été l'instigateur, a permis de recueillir la somme de 869 000 $ qui a été répartie entre 18 organismes en prévision de l'arrivée des réfugiés syriens en fin d'année et au début de 2016. Centraide Ottawa, la Fondation communautaire d'Ottawa, la Ville d'Ottawa et Réfugié 613 ont mis leurs efforts en commun pour faire cette levée de fonds.

Les organismes communautaires ne commençaient pas à zéro mais il fallait faire vite.

«Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on fait des levées de fonds et non plus qu'on fait des investissements, a précisé la vice-présidente, ressources et développement de Centraide, Carole Gagnon.

Alors nous avons travaillé avec des gens qui travaillaient déjà dans le bureau et on a mis le pied sur la pédale et on est allés de l'avant et on a mis sur pied tout ce dont on avait besoin.»

En partant, il fallait répondre aux besoins les plus pressants, dont l'hébergement des nouveaux arrivants. Débordés, les agences d'aide humanitaire ont dû les placer dans des hôtels en attendant de leur trouver une résidence permanente.

«Mais ça, c'est derrière nous, a repris Mme Gagnon. Tous les résidents, tous les réfugiés sont maintenant dans des résidences permanentes. Nous avons 1600 réfugiés qui sont ici et on s'attend d'ici 2016 à recevoir 400 autres...»

Dans son allocution vendredi, le maire Watson en a profité pour rappeler qu'Ottawa avait la réputation d'être une ville accueillante pour les réfugiés. On n'a qu'à penser aux nombreux réfugiés de la mer du Vietnam qui élu domicile à Ottawa à la fin des années 1970. À l'automne, le maire avait nommé le conseiller Michael Qaqish du quartier Gloucester-Nepean-sud comme agent de liaison pour l'accueil des réfugiés.

Ce dernier a rappelé que ceux-ci avaient fui la guerre et vécu des épreuves que la plupart ne peuvent imaginer.

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