Exploitation sexuelle des enfants: les hôtels canadiens ouvrent l'oeil

Un nouveau pas a été franchi pour combattre l'exploitation sexuelle des... (123RF)

Agrandir

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Un nouveau pas a été franchi pour combattre l'exploitation sexuelle des enfants. Mercredi, la chaîne AccorHotels a engagé ses établissements canadiens à respecter le code de conduite de l'organisme End Child Prostitution, Child Pornography & Trafficking of Children for Sexual Purposes (ECPAT).

Depuis 2001, AccorHotels engage progressivement les pays où le groupe fait affaire à respecter «le code». Le Canada est ainsi devenu le 39e pays à joindre un mouvement qui s'est étendu des pays en voie de développement jusqu'en Occident.

«On pense toujours que c'est quelque chose qui se passe ailleurs, comme en Thaïlande ou en Indonésie. Mais au Canada, il y a plus de 300 000 enfants qui sont victimes d'abus par an, ce qui est le même nombre qu'en Thaïlande. Ce n'est pas innocent!» a justifié la directrice marketing d'AccorHotels pour le Canada, les États-Unis, l'Amérique centrale et les Caraïbes, Sabine Kadyss, rencontrée au Novotel d'Ottawa à l'occasion de la cérémonie de signature du code.

Désormais, les 100 à 200 employés de chacun des huit établissements canadiens de la chaîne, soit sept Novotel et un Sofitel, devront suivre une dizaine d'heures de formation pour être en mesure d'identifier et de prendre action dans des situations de trafic et de prostitution infantile. La chaîne adopte également une politique «tolérance zéro» dans tous ses contrats d'exploitation et s'engage à fournir de l'information aux visiteurs.

Des mesures qui ne sont pas un luxe. Selon une étude initiée par ECPAT International, le nombre d'enfants exploités sexuellement n'a jamais été si élevé qu'à l'heure actuelle. «Ça pourrait être le résultat de beaucoup de facteurs: voyager est beaucoup plus facile que ce l'était, car dans beaucoup d'endroits du monde, le voyage est moins cher», explique Mark Hecht, cofondateur et conseiller juridique d'Au-delà des frontières, la faction canadienne d'ECPAT.

L'exploitation sexuelle des enfants par les voyageurs existe au Canada; cependant, la réalité locale n'est pas comparable à celle d'endroits comme l'Europe de l'Est ou certaines portions du Moyen-Orient. «Ce qui est intéressant du Canada, c'est que nous avons toujours su que nous étions un pays d'envoi des agresseurs vers d'autres pays. Ce que nous ne savions pas, c'est que nous sommes aussi, à un certain degré, une destination, continue M. Hecht. On ne parle pas tant d'enfants de moins de 8 ou 10 ans; on parle plutôt d'ados de 14, 15, 16, 17 ans, qui se retrouvent à la rue. Et ce ne sont pas toujours des gens qui viennent d'autres pays. Ça peut arriver, mais la plupart sont des gens qui viennent d'ailleurs au Canada ou des États-Unis.»

À l'heure actuelle, le code de conduite d'ECPAT regroupe 278 membres dans 202 pays. Un total de 332 528 employés ont été formés depuis le 1er mars 2013.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer