Les manifestants anti-avortement s'en prennent à l'aide médicale à mourir

Comme à chaque année, en mai, des militants... (Adrian Wyld, PC)

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Comme à chaque année, en mai, des militants anti-avortement ont manifesté devant le Parlement fédéral.

Adrian Wyld, PC

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Lina Dib
La Presse Canadienne

Les manifestants qui se donnent rendez-vous chaque année, en mai, sur la colline du Parlement pour dénoncer le droit à l'avortement se sont attaqués au projet de loi sur l'aide médicale à mourir, jeudi après-midi.

Ils étaient 3000, selon un policier de la Gendarmerie royale du Canada sur place; 20 000, selon les animateurs de la foule. Après un rassemblement d'un peu plus d'une heure devant les édifices du Parlement, les manifestants sont partis marcher dans les rues de la capitale fédérale.

Pendant le rassemblement, comme à chaque année, des représentants de l'Église catholique ont défilé au micro pour dénoncer les avortements, ajoutant cette année une dénonciation de l'aide médicale à mourir.

«Le nuage sombre de l'euthanasie, du suicide assisté, s'assombrit de plus en plus et menace de plus en plus notre pays», a tonné le cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto.

Les parlementaires présents - neuf députés et trois sénateurs, tous conservateurs - ont exposé les mêmes arguments. «Le caractère sacré de la vie est attaqué aux deux extrémités», a illustré le député manitobain Ted Falk.

«Le gouvernement Harper défendait la vie. [...] Ce gouvernement libéral devient rapidement le gouvernement de la mort.»

Arnold Viersen
député conservateur albertain

«Le gouvernement Harper défendait la vie. [...] Ce gouvernement libéral devient rapidement le gouvernement de la mort», a offert comme métaphore Arnold Viersen, un député conservateur albertain, manifestement nerveux alors qu'il tenait d'une main tremblante la copie de son court discours.

La sénatrice albertaine Betty Unger a invité les manifestants à la joindre pour empêcher l'adoption du projet de loi C-14. «La vie est précieuse, de la conception jusqu'à la mort naturelle, pas jusqu'à la mort subventionnée par le gouvernement», a-t-elle dit.

À l'écart de la foule, en entrevue, la sénatrice conservatrice a admis qu'elle avait peu de moyens pour empêcher l'application du jugement de la Cour suprême du Canada et l'adoption de C-14.

«Je fais tout ce que je peux, ce qui m'est permis au Sénat, par les règles du Sénat. Et je prie beaucoup», a-t-elle confié.

Cet exercice annuel a attiré moins de sympathisants que les années passées. Il a aussi fait sortir moins de parlementaires prêts à afficher leurs convictions contre le droit à l'avortement.

Tom Kmiec, élu dans la circonscription albertaine de Calgary Sheppard, estime que le droit à l'avortement, tout comme l'aide médicale à mourir, devrait être débattu au Parlement.

«C'est pour ça qu'on a une Chambre des communes pour avoir des débats sur les sujets qui sont difficiles, qui sont émotionnels. [...] L'éthique, la morale... On n'a pas créé un Parlement pour avoir un débat sur des choses faciles», a argué M. Kmiec, après être retourné à l'intérieur du parlement.

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