L'Outaouais perd la pionnière Marie Caron

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«Toute notre vie, grâce à ma mère, ma soeur et moi n'avons jamais connu de barrières», souligne Nicole Gibeault, qui se trouve en présence de sa soeur Mimi. «Nous avons été élevées en apprenant qu'on ne recule devant rien.»

Étienne Ranger, LeDroit

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La première femme à avoir assumé la présidence de la Commission scolaire régionale de l'Outaouais (CSRO), l'avocate, militante libérale et féministe convaincue Marie Caron, s'est éteinte jeudi dernier.

Le parcours professionnel de Marie Caron ne laisse aucun doute sur son statut de pionnière, et ce, à bien des égards. Celle qui était membre du Barreau du Québec et du Barreau canadien a notamment été commissaire d'école, présidente de la CSRO, membre du bureau des gouverneurs de l'Université d'Ottawa, régisseuse à la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec et commissaire à la Commission nationale des libérations conditionnelles.

Marie Caron a aussi fait sa marque dans la sphère politique, tout comme bien des membres de sa famille. Elle était la fille d'Alexis Caron, qui fut tour à tour député provincial, député et ministre fédéral et maire de Hull, et petite-nièce de l'ancien député provincial Joseph Caron. Son frère Pierre Caron a aussi été député fédéral pour les libéraux.

Sans avoir été députée, Marie Caron s'impliquait activement en politique. Elle a été présidente nationale des femmes libérales du Canada, et a occupé la vice-présidence du Parti libéral du Canada, mandat pendant lequel elle a milité activement pour la nomination de femmes au Sénat et à la magistrature. «Tout cela sans savoir que j'allais un jour accéder moi-même à la magistrature», raconte sa fille, Nicole Gibeault, qui fut la première femme nommée juge en Outaouais.

«Ma mère était un pilier, une force incroyable, raconte la juge à la retraite. Une femme de carrière qui s'est vraiment battue férocement pour que les femmes prennent leur place.»

L'égalité entre les genres était si primordiale pour Marie Caron qu'elle s'est battue pour que sa plus jeune fille, Mimi, puisse devenir membre d'une équipe de baseball de quartier réservée aux garçons, se rappelle Nicole Gibeault. «Elle a fait l'équipe, et a été nommée meilleure joueuse du club», souligne-t-elle avec fierté.

Éliminer la discrimination

Marie Caron a aussi été membre, au début des années 1970, d'un comité d'étude dont l'objectif était d'éliminer la discrimination envers les femmes au pays. Dans les années 1980, elle fut déléguée du Canada à l'un des sièges du Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard les femmes, puis déléguée des Nations Unies comme consultante auprès du gouvernement de Chypre, au début des années 1990.

«Toute notre vie, grâce à ma mère, ma soeur et moi n'avons jamais connu de barrières, souligne Nicole Gibeault. Nous avons été élevées en apprenant qu'on ne recule devant rien.»

Les proches de Marie Caron, qui a toujours souhaité garder le secret sur son âge, se réuniront pour un hommage à sa vie ce samedi, de 15h à 1 h, à la Cabane en bois rond, dans le secteur Hull.

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