La persévérance de «Monsieur Julien»

Malgré sa particularité, Julien Asselin-Laflamme a comme la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Malgré sa particularité, Julien Asselin-Laflamme a comme la plupart des gens une vie sociale bien remplie, lui qui travaille dans une bibliothèque scolaire.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Julien Asselin-Laflamme habite un appartement, fréquente ses amis et occupe un emploi qu'il aime. Une vie normale, ou presque, pour laquelle il a longtemps combattu les défis d'une particularité qu'il porte depuis sa naissance: le syndrome d'Asperger.

Mercredi matin, Julien se trouvait à la bibliothèque de l'école élémentaire catholique Saint-François-d'Assise, à Ottawa, penché sur une pile de livres usés.

Armé d'un fusil à colle chaude et d'une roue de ruban gommé transparent, «Monsieur Julien» recollait soigneusement les pages et les reliures d'une montagne de livres pour enfants, de romans jeunesse et de bandes dessinées amochés par leur passage entre des dizaines de petites mains.

Gare à quiconque ose le méprendre avec un simple bibliothécaire: Julien est fier d'être bibliotechnicien, un titre que seuls peuvent porter les gens qui, comme lui, ont décroché un diplôme d'études collégiales en Techniques de la documentation. Une étiquette qu'il a gagnée non sans péripéties, au terme d'un passage de cinq ans sur les bancs du Cégep de l'Outaouais, soit deux années de plus que le délai prévu pour l'accomplissement du programme.

Pour le soutenir à obtenir son diplôme technique comme dans l'ensemble de son parcours scolaire, le jeune homme a eu droit à des mesures d'aide: «Bien sûr, tout ça est venu assez tard, quand on a su que j'avais le syndrome d'Asperger.»

Le diagnostic est tombé quand Julien avait 14 ans. Enfant, il éprouvait beaucoup de difficulté à se faire des amis. À son entrée au secondaire, ses difficultés se sont accentuées. Ni ses parents, ni ses professeurs, ni Julien lui-même ne savaient quel était son «problème». La famille a alors fait appel aux services d'un psychologue. «Finalement, ce n'était pas vraiment un problème: j'avais juste le syndrome d'Asperger», lance Julien avec un sourire.

Décodage d'émotions 

Soudainement, ses yeux s'illuminent, sa voix s'élève et son discours devient plus fluide: c'est que Julien n'aime pas que l'on parle du syndrome d'Asperger comme d'un problème ou comme une maladie. «C'est seulement un plus dans les difficultés de la vie, assure-t-il. Ça affecte surtout le plan social.»

Ce blocage invisible brouille les pistes pour comprendre les émotions et décoder les expressions faciales d'autrui. Ses propres expressions sont aussi un casse-tête: ses proches lui ont souvent répété que ses réactions «n'avaient pas rapport», ou que son volume de voix était trop élevé par rapport aux émotions qu'il devrait ressentir.

Mais il y a toujours moyen d'apprendre. Aujourd'hui, Julien a une vie sociale bien remplie et partage son temps entre le travail, les parties de Donjons et Dragons qu'il dispute chaque semaine avec les mêmes amis depuis le cégep, et les activités offertes par l'organisme Trait d'Union. «Quand j'étais au secondaire, je n'avais pas d'amis, confie-t-il. Maintenant, j'ai plus que 10 amis!»

Avril aura été le mois de l'autisme. L'organisme Trait d'Union Outaouais invite la population à soutenir ses camps d'été pour enfants autistes à la 14e édition de la Marche pour l'autisme, samedi matin dès 10h, à l'école secondaire de l'Île, dans le secteur Hull.

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