Itinérance en Outaouais: le pire bilan en huit ans

Après plusieurs années de stabilité relative, le portrait... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Après plusieurs années de stabilité relative, le portrait de l'itinérance s'est exacerbé en Outaouais.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Les statistiques sur l'itinérance ont explosé en 2015. Dans son bilan annuel sur l'état de la grande pauvreté, le Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO) a accordé à la région un «E», la pire note en huit ans.

Chaque année, le CRIO compile les données de différents organismes communautaires et les publie dans son bulletin, Noir sur Blanc, dont l'édition 2015 a été rendue publique jeudi matin devant la presse. 

Après plusieurs années de stabilité relative, le portrait de l'itinérance s'est exacerbé. L'année 2015 a été marquée par une «grande précarisation», qui a élargi la frange de population à risque de se retrouver à la rue.

«Les mesures d'austérité, on en avait parlé en 2014, sont maintenant bien en place et commencent à faire sentir leurs répercussions de façon importante dans la région», lance le coordonnateur du CRIO, Alexandre Ranger. «On voit toujours plus de familles, toujours plus de travailleurs et de travailleuses avec un salaire minimum ou un travail atypique qui doivent faire appel à des services de repas ou de paniers de denrées alimentaires.»

Jeunesse en péril

Parmi les chiffres recueillis, le bond le plus marqué est celui du nombre de jeunes en hébergement d'urgence. En 2015, 349 adolescents ont eu recours aux services de l'Auberge du coeur et de l'Appart Adojeune, une augmentation de 160% par rapport aux 134 jeunes hébergés en 2014. L'ouverture du volet d'hébergement d'urgence de 0 à 7 jours chez Héberge-Ados a contribué à la hausse de l'achalandage.

Autre raison évoquée, le départ de six des neuf pédopsychiatres du centre hospitalier Pierre-Janet en septembre dernier serait en cause, alors que les dossiers de jeunes patients ont été laissés en suspens. Des trois docteurs qui sont restés, un seul travaillait à temps plein. Dépourvues de services essentiels, des familles se seraient tournées vers les organismes communautaires.

La sécurité alimentaire a aussi connu un recul important. En 2015, 117 864 repas ont été servis dans le cadre de programmes d'aide alimentaire, soit 24,7% de plus qu'en 2014. C'est à la Soupe populaire de Hull que l'augmentation est la plus marquée, alors que le nombre d'assiettes servies a grimpé de 66%.

Dans son calcul, le CRIO a inclus les 32 000 repas servis par le Gîte Ami pendant les trois premiers mois de 2015. Fait à noter, le sous-financement du centre d'hébergement d'urgence l'a contraint à arrêter de fournir des soupers à ses visiteurs et à limiter leur distribution à ses usagers. 

«Un réinvestissement massif» dans les secteurs touchés par l'austérité sera impératif pour voir un recul de l'itinérance. «C'est faux de dire qu'on n'a pas les moyens de nos programmes, conclut Alexandre Ranger. Les moyens sont cachés, encore faut-il s'y attaquer.»

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