De la Syrie à l'aréna

«Du hockey? J'en avais vu à la télévision,... (Martin Roy, LeDroit)

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«Du hockey? J'en avais vu à la télévision, mais jamais en personne, lance Yassar Al-Hassan. Le jeu est excitant.»

Martin Roy, LeDroit

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Débarquées en Outaouais en plein hiver il y a un mois, six familles syriennes ont vécu un autre choc culturel samedi.

Grâce à la collaboration des Olympiques de Gatineau qui leur ont fourni 30 billets, ces réfugiés ont assisté au premier match de hockey de leurs vies. Si la jeune famille de Waleed Al-Salman semblait éprouver un plaisir timide à découvrir un sport qui lui était inconnu, un autre père de famille de quatre enfants était déjà séduit.

«Habituellement, je vais voir du soccer. Du hockey? J'en avais vu à la télévision, mais jamais en personne. Le jeu est excitant. C'est très rapide. Les joueurs sur patins, c'est quelque chose à voir. Le jeu est aussi très physique. J'aime mieux le hockey que le soccer! Il y a plus d'action», a raconté Yasser Al-Hassan par l'entremise d'un interprète.

Âgé de huit ans, son fils Ibrahim avait déjà un parti pris après la première période. Contre toute attente, son coeur n'était pas du côté des Olympiques. «J'aime mieux les noirs (Huskies). Ils sont meilleurs», a-t-il dit après avoir vu l'équipe de Rouyn-Noranda prendre les devants 2-0.

Ibrahim a tout aimé de son expérience au centre Robert-Guertin samedi. «Le popcorn, la musique, la foule, le spectacle.»

Les Al-Hassan forment une famille de sportifs. Sarah, 10 ans, trouvait que le spectacle entre deux équipes de la Ligue de hockey junior majeure du Québec était beau à voir, mais elle ne pouvait pas dire si elle allait revenir. Depuis son arrivée au pays, elle a participé à toutes sortes d'activités.

«J'aime bien les pistes de glissade et j'aime tous les sports que nous pratiquons à l'école», explique-t-elle.

Après 20 minutes de jeu, Yasser Al-Hassan avait le goût de s'essayer sur patins. «C'est magnifique. Ça serait plaisant de voir mes enfants pratiquer le hockey, mais ce sont eux qui vont décider. Actuellement, ils jouent au soccer et au basket-ball. Je vais sûrement revenir. C'est plate de rester à la maison à ne rien faire!», a dit celui qui se cherche du travail en construction ou comme fermier.

La famille de Yasser Al-Hassan a vécu les six premiers mois de la guerre en Syrie. Elle a fui le pays pour se réfugier au Liban pendant quatre ans avant d'aboutir à Gatineau. «Le Canada est mon pays maintenant. Nous allons retourner en Syrie pour visiter, mais c'est tout. On s'ennuie juste de notre famille. Le reste est tout détruit.»

Les six familles syriennes qui ont assisté au match des Olympiques ont été applaudies chaleureusement quand l'annonceur maison a souligné leur présence pendant la troisième période.

Cette sortie avait été organisée par des groupes de parrainage qui tentent d'aider les familles syriennes à s'insérer harmonieusement dans la communauté.

«Pour réussir cette insertion, nous croyons qu'il est important que les réfugiés syriens aient l'occasion de découvrir les attraits de la région: nos musées, nos institutions dans la capitale nationale, les loisirs et les sports pratiqués par les Gatinois. Et ici, le hockey soulève les passions», a expliqué Jacques Laberge, un des bénévoles qui accompagnait le groupe samedi.

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