Crise des médias régionaux: le défi de l'«héritage» des grands joueurs

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Les applications du Groupe Capitales Médias, dont celle du Droit, ont été lancées en octobre dernier.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

À l'heure actuelle, le plus grand défi des médias régionaux est de survivre pendant la phase de transition qu'ils doivent traverser pour remplacer «le poids» et «l'héritage» laissé dans les marchés locaux par les «grands joueurs», qui sont en cure d'amaigrissement.

Le professeur François Demers, du Centre des études sur les médias de l'Université Laval, a fait ce constat lors de sa comparution jeudi devant le comité parlementaire du Patrimoine canadien, qui étudie la situation des médias locaux.

«Les grands joueurs, ils cherchent à survivre dans un univers où il est plus difficile pour eux de jouer à cause de la concurrence qui vient désormais de partout. Mais ils ont les poches arrière pleines d'argent. Ils ont les moyens de tenter des choses comme l'a fait Gesca avec La Presse+», a expliqué le professeur Demers lors d'une entrevue avec LeDroit.

«En raison du besoin d'information de proximité, le repli des grands crée un besoin pour rejoindre les clientèles locales. Mais les médias régionaux font face aux mêmes défis de l'ère numérique que les grands médias. L'obstacle, c'est le contrôle des grands cétacés sur le marché publicitaire qui empêche l'entrée à de nouveaux joueurs. Les nouveaux sont freinés. Ils doivent souvent le faire à crédit. Mais pendant combien de temps pourront-ils survivre? Comment faire cette transition?» demande le professeur Demers.

Selon lui, le gouvernement fédéral doit désormais trouver le moyen d'aider à développer les initiatives régionales, de les faire connaître des Canadiens, plutôt que d'aider les grands médias privés. En même temps, il doit aussi investir dans Radio-Canada afin qu'il se remette davantage à l'information régionale. L'information citoyenne reste aussi un défi auquel les députés devront s'intéresser dans le contexte de cette nouvelle réalité des médias régionaux, explique le professeur Demers.

Le député néo-démocrate Pierre Nantel a admis que le dossier des médias est «ultra complexe» et qu'il n'y a pas de solution simple pour régler les problèmes des médias locaux. 

«Mes enfants s'informent avec les médias sociaux. C'est ce qui est plus pratique pour eux. Les médias locaux se transforment, mais ce n'est pas toujours évident d'attirer cette nouvelle clientèle», a mentionné le député Nantel.

Fusion évoquée

Selon Dwayne Winseck, professeur en journalisme et communication à l'Université Carleton, il faut intervenir pour adopter des «mesures structurelles» afin d'éviter que la concentration des médias empêche le flux d'information de circuler. 

Une fusion possible de CBC/Radio-Canada avec Postes Canada devrait être explorée pour assurer une meilleure diffusion de l'information et une plus grande accessibilité des services de l'Internet et du sans-fil à travers le pays. 

«Il serait possible d'installer des antennes sur les bureaux de poste pour permettre un meilleur accès à Internet dans plusieurs communautés du pays. Et pourquoi ne pas profiter de ce réseau déjà disponible pour permettre une meilleure diffusion du contenu sur place à ceux qui n'ont pas accès au téléphone cellulaire», a indiqué le professeur Winseck.

Comme le professeur Demers, il croit lui aussi que l'aide financière gouvernementale ne devrait pas aller aux grands joueurs «qui ont fait éclater le système actuel».

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