Accueil in English à l'aéroport d'Ottawa

Germain Roy et son épouse ont déposé une... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

Agrandir

Germain Roy et son épouse ont déposé une plainte officielle après avoir été accueillis par un douanier unilingue anglophone à l'aéroport d'Ottawa.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul Gaboury
Le Droit

Un couple de Gatineau a déposé une plainte officielle auprès de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) après avoir été accueilli par un agent douanier unilingue à l'aéroport d'Ottawa.

Germain Roy et son épouse étaient de retour d'un voyage à Cuba dans l'après-midi du vendredi 5 février lorsqu'ils ont franchi le poste douanier à l'aéroport d'Ottawa.

«Un agent unilingue anglais nous a salués avec un gros bonjour et ensuite a poursuivi en anglais uniquement même si on lui répondait en français. C'est un affront aux francophones. Personnellement, je me suis senti tellement humilié», a raconté M. Roy.

«Nous étions debout depuis 4h du matin, et il était 16h. Nous étions très fatigués, et nous avions seulement hâte d'arriver à la maison. Nous n'avons pas voulu insister, de peur qu'on nous mette de côté pour attendre et chercher un douanier bilingue.»

S'il a décidé de dénoncer la situation, c'est parce que de nombreux voyageurs évitent de demander d'être servis en français à l'aéroport d'Ottawa. «En toute honnêteté, que pensez-vous qu'il serait arrivé si nous avions exigé qu'un agent français nous serve? Une longue attente et peut-être une fouille interminable. Ils savent très bien qu'ils en ont le pouvoir», a-t-il expliqué.

Le Gatinois affirme avoir déposé une plainte officielle le jour même auprès de l'Agence des services frontaliers. Cinq jours plus tard, il n'avait encore reçu aucune nouvelle.

«Ottawa étant la capitale du Canada et le français une des langues officielles, ne serait-il pas obligatoire sinon impératif d'avoir à tous ces postes des agents qui maîtrisent le français? À la veille du 150e anniversaire du Canada, ne serait-il pas temps de corriger le tir? Il faut continuer à dénoncer cette situation en espérant que ça change», demande-t-il.

Pas assez d'agents bilingues à Ottawa

En mai 2015, le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, avait déposé un rapport sur les services dans les aéroports et aux frontières.

Il y indiquait que l'Agence des services frontaliers n'avait pas suffisamment d'employés bilingues pour assurer des services de qualité égale dans les deux langues officielles en tout temps dans les aéroports désignés, incluant celui d'Ottawa.

«Une telle situation entraîne d'importants délais pour les voyageurs qui sont dirigés vers la zone d'inspection secondaire, ou qui ne peuvent obtenir les services dans leur langue», avait indiqué le commissaire. Des douaniers avaient témoigné que les services bilingues n'étaient pas une priorité. «Nous sommes surmenés et manquons de personnel, et avons en fait d'autres priorités», avaient-ils confié lors de cette enquête.

L'ASFC a déjà confirmé au Droit qu'au 31 mars 2014, un total de 75 (ou 33%) des 225 agents de contrôle ou douaniers travaillant à l'aéroport d'Ottawa, étaient bilingues.

Par comparaison, 97% des agents sont bilingues à l'aéroport de Montréal, 73% à Québec, et 14% (99 sur 1331) à Toronto-Pearson.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer