Plaidoyer pour l'apiculture urbaine

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Le président d'Apiculture Gatineau, Daniel Hamelin, fait des représentations depuis plus de cinq ans auprès de la municipalité dans l'espoir de voir la pratique de sa passion être autorisée en zone urbaine.

Etienne Ranger, LeDroit

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À l'aube du lancement d'un cours d'apiculture au Centre d'écologie et d'agriculture urbaine installé dans la ferme Moore, l'organisme Apiculture Gatineau presse la Ville de revoir sa réglementation interdisant cette pratique en dehors des zones rurales.

Le président d'Apiculture Gatineau, Daniel Hamelin, fait des représentations depuis plus de cinq ans auprès de la municipalité dans l'espoir de voir la pratique de sa passion être autorisée en zone urbaine.

Cela ne l'empêche toutefois pas d'avoir trois ruches dans la cour de sa demeure du secteur Hull, «en toute illégalité et ouvertement».

«Je ne me suis jamais caché et n'importe qui pourrait déposer une plainte à la Ville», souligne le président d'Apiculture Gatineau, un organisme à but non lucratif fondé l'automne dernier.

L'organisme prévoit offrir, dès le mois prochain, des cours d'apiculture au Centre d'écologie et d'agriculture urbaine de la ferme Moore, un projet ayant reçu une aide financière de 50 000$ provenant du budget discrétionnaire du conseiller Jocelyn Blondin.

Le hic, c'est qu'Apiculture Gatineau ne peut toujours pas dire si la partie pratique du cours - qui suit la partie théorique - pourra se donner au centre du boulevard Alexandre-Taché.

«On espérait que l'interdiction soit levée au plus tard à la fin janvier, parce qu'il faut commander les abeilles et du matériel assez tôt, explique M. Hamelin. [...] Si la Ville arrive le 15 juillet avec une autorisation, ce ne sera d'aucune utilité pour la saison 2016.»

Apiculture Gatineau souhaite obtenir une réponse rapidement de la part des autorités municipales, dans l'objectif de pouvoir soumettre une demande de subvention au Fonds vert de la municipalité d'ici la date limite, à la fin février. «Mais c'est évident que le Fonds vert ne nous donnera pas de subvention pour une activité illégale, souligne M. Hamelin. [...] Si la Ville ne prend pas de décision à temps, nous n'aurons pas d'argent.»

Daniel Hamelin note qu'à défaut de voir rapidement l'interdiction de pratiquer l'apiculture en dehors des secteurs ruraux être levée sur l'ensemble du territoire gatinois, une mesure d'exception pourrait être une solution à court terme pour le Centre d'écologie et d'agriculture urbaine.

L'objectif est d'installer une douzaine de ruches sur le site de l'ancienne ferme Moore. Chacune de ces ruches pourrait héberger, à terme, environ 50 000 abeilles.

«Il y a plusieurs bienfaits, on n'a qu'à penser à la pollinisation pour les arbres fruitiers et les potagers, souligne M. Hamelin. Les gens ne s'en rendent pas compte, quand ça prend des pollinisateurs. J'ai des voisins qui me disent que leurs pommiers n'ont jamais autant produit que depuis que j'ai des abeilles.»

La conseillère Boudrias veut aussi faire lever l'interdiction

Louise Boudrias est d'avis que Gatineau a toute l'information... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit) - image 3.0

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Louise Boudrias est d'avis que Gatineau a toute l'information nécessaire pour agir et faire tomber l'interdiction de l'apiculture en milieu urbain.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

La conseillère Louise Boudrias demande à la Ville de Gatineau d'abolir le règlement hérité de l'ancienne ville de Hull, datant de 1949, qui interdit l'élevage d'abeilles dans toute la zone urbaine.

Gatineau serait une des seules villes au Québec à avoir une telle interdiction. Plusieurs autres municipalités encouragent même l'apiculture en milieu urbain. «L'apiculture est déjà encadrée par une loi provinciale, explique Mme Boudrias. On ne peut pas avoir une ruche n'importe où et ce n'est pas n'importe qui, qui peut se lancer là-dedans. C'est compliqué et ça prend de l'argent.»

Si l'administration ne bouge pas, la conseillère avertit qu'elle présentera elle-même une résolution pour modifier la réglementation municipale d'ici la fin du mois.

«Les grandes villes le font de plus en plus, c'est très tendance, c'est excellent pour la biodiversité et il y a plein de projets éducatifs possibles liés à l'apiculture, notamment celui de la ferme Moore, explique Mme Boudrias. Si nous ne changeons pas notre réglementation, ils vont perdre toute une saison.»

Mme Boudrias est d'avis que la Ville de Gatineau a toute l'information nécessaire pour agir et faire tomber l'interdiction de l'apiculture en milieu urbain.

Elle ajoute que l'apiculture fait partie du nouveau programme de la Ville de Gatineau en matière d'agriculture urbaine sur lequel travaille la commission Gatineau ville en santé qu'elle préside.

Ce plan devait être présenté en janvier, mais pour diverses raisons, il le sera en mars. Selon la conseillère, Gatineau se doit d'être logique et lever dès maintenant cette interdiction.

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