Le long chemin des réfugiés

Aîné d'une fratrie de huit enfants, Mohammed Zaineh... (Martin Roy, LeDroit)

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Aîné d'une fratrie de huit enfants, Mohammed Zaineh n'a pas perdu de vue ses rêves malgré le long chemin parcouru.

Martin Roy, LeDroit

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Le chemin vers le Canada de Mohammed Zaineh a duré trois ans. Sa famille et lui ont quitté leur Syrie natale sous les bombes avant de joindre la Jordanie voisine, pour enfin atterrir dans leur nouveau pays d'adoption, à Ottawa, il y a deux semaines. Et ils n'ont pas l'intention de le quitter de sitôt.

Faute d'un logement adéquat pour lui et ses proches, Mohammed Zaineh, 21 ans, loge à l'hôtel Radisson depuis qu'il est arrivé au Canada. Il passe l'essentiel de son temps à apprendre l'anglais et à s'entraîner.

L'hôtel du centre-ville a été transformé en un véritable camp de fortune depuis le début de l'année. Quelque 200 réfugiés y logent temporairement.

Le directeur de l'établissement, Luigi Sicoli, accueille à bras ouverts cette clientèle en cette période creuse. «Il y a eu quelques ajustements à faire, mais tout va bien maintenant», dit-il.

Des étages entiers sont consacrés aux réfugiés. Des chambres ont été transformées en cliniques de fortune, des salles de conférences en salles de classe.

Aîné d'une fratrie de huit enfants, Mohammed Zaineh n'a pas perdu de vue ses rêves malgré le long chemin parcouru. Il fut un temps où il voulait devenir journaliste. Fils d'agriculteur, il s'imagine maintenant retourner à l'école pour devenir designer de mode.

«De savoir que je peux étudier en paix ici est une bénédiction», confie-t-il en arabe à une interprète.

Qu'aurait-il aimé avoir apporté de la Syrie avec lui? «Tout le monde qui est resté là-bas, dit-il sans perdre son sourire. Évidemment, j'aimerais y retourner un jour, si c'est possible. Peut-être lorsque je serai bien établi ici.»

Quelque 420 réfugiés pris en charge par le gouvernement sont arrivés à Ottawa depuis le début de l'année. Environ 350 d'entre eux sont actuellement en attente d'un logement et 75 chanceux ont déjà trouvé un toit.

Aide de la population

La taille importante de plusieurs familles de réfugiés syriens en attente d'un logement à Ottawa a pris de court les organismes responsables de les accueillir. Ils demandent maintenant l'aide de la population pour faire face à la pénurie.

Le Centre catholique pour immigrants (CCI) a ainsi lancé vendredi un site Internet dans l'espoir de trouver de grands logements vides pour les familles nombreuses. Les propriétaires sont invités à visiter le roofs4refugees.ca pour plus d'information.

Les réfugiés parrainés par le privé n'ont généralement pas ce problème, car leur venue est attendue depuis longtemps.

Le directeur général du centre, Carl Nicholson, assure qu'il était impossible de se préparer à accueillir autant de familles nombreuses. «Nous n'avions aucune idée qui allait venir avant qu'ils sortent de l'avion, dit-il, précisant que la famille de réfugiés moyenne compte plus de cinq personnes. Il y a des choses qui sont hors de notre contrôle.»

Les logements recherchés seraient idéalement situés près des services essentiels, mais le choix final revient aux réfugiés.

«Ils vont vouloir être proche de ceux qu'ils comprennent, proche de leur mosquée s'ils sont musulmans, proche des endroits où ils feront leurs courses», énumère M. Nicholson.

La nouvelle plate-forme Web roofs4refugees.ca serait la seule du genre au Canada. Les sites Internet semblables présents dans d'autres villes servent plutôt à fournir une aide temporaire aux réfugiés.

«Ma famille d'origine vietnamienne est arrivée au Canada avec les boat people, mais moi je suis née ici. C'est ma façon de redonner», confie Olivia Tran, une bénévole qui a travaillé sur le projet.

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