Aide médicale à mourir: les Ontariens divisés

La preuve a été faite jeudi soir à Ottawa que l'aide médicale à mourir est non... (Archives, La Presse)

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La preuve a été faite jeudi soir à Ottawa que l'aide médicale à mourir est non seulement le sujet de l'heure au pays, mais qu'il en est un très sensible. Si certains s'y opposent farouchement, d'autres arguent plutôt que de mettre un terme à ses souffrances est un choix purement personnel.

Environ 200 personnes ont pris part à la consultation publique organisée par le gouvernement ontarien dans un hôtel du centre-ville de la capitale fédérale, dont à peine une quinzaine à la séance offerte en français.

Contrairement au Québec, qui s'est doté d'une loi sur les soins de fin de vie, le gouvernement Wynne estime qu'un sursis de six mois est légitime pour pouvoir mettre en oeuvre sa propre loi à ce sujet.

Rappelons que la Cour suprême entendra ce lundi la demande de prolongation du gouvernement fédéral dans le dossier Carter sur l'aide médicale à mourir. Ottawa souhaite avoir un délai supplémentaire pour réfléchir à la décriminalisation de cette pratique dans certaines circonstances.

Lors de la consultation en français, le tiers des participants ont indiqué qu'il serait très ou assez probable ou assez probable qu'ils considèrent l'aide médicale à mourir dans leur vie, un autre tiers s'est dit incertain ou a jugé que c'était assez ou très improbable, alors que le reste des gens ont préféré ne pas répondre à l'épineuse question.

Investir dans la fin de vie

Aidante naturelle à domicile pour le Centre de services Guigues, Gisèle Maceus se dresse contre l'aide médicale à mourir et souhaite plutôt que Queen's Park investisse des sommes considérables dans l'offre de soins palliatifs et pour la création d'équipes multidisciplinaires.

«Il faut qu'il y ait une bonne évaluation sur le contrôle de la douleur. La plupart des gens en soins palliatifs savent qu'ils vont mourir, mais ce dont ils ne sont plus capables, c'est de tolérer cette douleur. Une fois qu'elle est apaisée, souvent on ne les entend plus dire: mon Dieu, faites quelque chose, je veux mourir. [...] Moi, on me demanderait d'assister quelqu'un pour mourir, je refuserais, ça va à l'encontre de mes valeurs», lance-t-elle.

Mettre la peur de côté

De son côté, Susan Desjardins estime qu'il ne faut absolument pas faire peur à la population en basant les discussions uniquement sur des craintes. «Même dans les pays où c'est légal, un très faible nombre de patients demandent l'aide à mourir. Et quand ils le font, c'est qu'ils souffrent intolérablement. Ce doit être la décision de la personne», soutient-elle.

Infirmière à la retraite, Louise Lorio partage le même avis. Elle avait d'ailleurs participé aux consultations sur la rive québécoise. «Tous les critères doivent être respectés, mais il s'agit d'un choix personnel. Personnellement, j'ai inscrit dans mon mandat d'inaptitude que je ne veux pas être réanimée», dit-elle.

Un autre citoyen, lui, a indiqué qu'il considérait la pratique comme un «meurtre» - un avis qui n'a pas semblé rallier la majorité des gens.

La série de consultations publiques se poursuivra jusqu'au 21 janvier. En plus d'Ottawa, huit autres villes seront visitées, dont Toronto, Kingston et Windsor.

Les gens peuvent exprimer leur opinion en ligne à l'adresse

www.ipsosresearch.com/sondage

decisionsdefindevie.com.

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