Le casse-tête de l'accueil des réfugiés

Près de 25 000 réfugiés arriveront au Canada d'ici... (PHOTO CHRIS YOUNG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Près de 25 000 réfugiés arriveront au Canada d'ici le mois de février. Avant la fin décembre, c'est près de 10 000 réfugiés qui seront éparpillés un peu partout au Canada.

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Mama Afou
Le Droit

Près de 25 000 réfugiés arriveront au Canada d'ici le mois de février. Avant la fin décembre, c'est près de 10 000 réfugiés qui seront éparpillés un peu partout au Canada. Le nombre de réfugiés qui arriveront dans la région n'est pas encore confirmé. À Ottawa, 127 réfugiés parrainés par le privé et 29 par le gouvernement devraient arriver d'ici la fin de l'année. À Gatineau, c'est près d'une quarantaine qui devrait venir, parrainés principalement par le privé. Pour le début d'année, on attend la venue de 800 réfugiés à Ottawa et à plus de 200 à Gatineau. Pour parer à cette arrivée massive de réfugiés, les organismes et les institutions de la région sont à pied d'oeuvre pour leur offrir les meilleures conditions d'accueil possible.

La plus grande difficulté à laquelle seront confrontés les organismes à l'arrivée des réfugiés sera de les loger. Pour les réfugiés parrainés par le privé, la question est réglée car ce sont les personnes qui parrainent les familles qui s'organisent pour trouver un logement aux réfugiés avant qu'ils arrivent.

Toutefois, pour les réfugiés parrainés par le gouvernement, ce sont les organismes d'accueil mandatés par le gouvernement qui auront la dure tâche de leur trouver un logement.

À l'heure où de nombreux citoyens canadiens attendent pour avoir accès aux logements sociaux, les organismes d'accueil des réfugiés doivent se tourner vers des logements privés à faible coût.

À Gatineau, c'est Accueil-Parrainage Outaouais (APO) qui doit dénicher des logements pour les réfugiés parrainés par le gouvernement qui arriveront prochainement. Cette tâche ne devrait pas être trop compliquée, explique Bato Redzovic, le directeur d'Accueil-Parrainage Outaouais.

«On a une centaine de logements disponibles présentement, confie-t-il. Avec un taux d'inoccupation de 6,2%, le plus haut taux au Québec, il ne devrait pas être trop difficile de loger les réfugiés». À cette fin, APO a approché différents propriétaires de logements, notamment des OSBL comme Habitations Rivière Outaouais.

«On a une trentaine de logements libres dans l'immédiat. Toutefois, on est en attente de confirmation de logements d'APO», précise Bernard Campeau, directeur d'Habitations Rivière Outaouais.

Les logements repérés par APO se trouvent au centre-ville afin que les familles soient proches des écoles et des services, une situation que regrette Bernard Campeau.

«On pourrait élargir nos offres si APO acceptait des logements loin de Hull, à Buckingham par exemple, car c'est un bel endroit pour commencer une nouvelle vie. Toutefois, il faudrait développer des partenariats avec la STO par exemple pour permettre aux nouveaux arrivants de se déplacer vers les écoles et les services», confie le directeur d'Habitations Rivière Outaouais.

Pour APO, cela pourrait être une bonne option, mais pas pour le moment. «La possibilité d'un partenariat, c'est quelque chose à voir», soutient M. Redzovic.

Du côté d'Ottawa

À Ottawa, la situation est plus complexe.

Après avoir logé pendant un mois dans un logement provisoire, le Centre catholique pour immigrants (CCI) devra aider les réfugiés à trouver un appartement. L'organisme travaille depuis quelques semaines afin de repérer des logements à loyer modique pour les réfugiés syriens qui arriveront au cours des trois prochains mois.

Plusieurs ont été repérés, mais pas encore suffisant pour répondre à la demande. «On cherche en ce moment ce qui est valable dans le marché, mais on demande aussi aux personnes qui ont de l'espace chez eux ou des logements de nous contacter», confie Carl Nicholson, directeur du CCI.

Une boîte pour dire bienvenue

Renée Taylor et Maria Fleming... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Renée Taylor et Maria Fleming

Etienne Ranger, LeDroit

Les gestes de générosité n'ont cessé de croître au Canada depuis la publication de la photo du petit Aylan Kurdi et de la décision du gouvernement fédéral d'accueillir 25 000 réfugiés d'ici la fin février. Partout dans le pays, des personnes décident de parrainer des réfugiés ou de faire des dons à des organismes qui leur viennent en aide.

Des initiatives citoyennes ont vu le jour un peu partout, comme à Ottawa, où deux anciennes jeunes employées de la colline parlementaire ont fondé «La Boîte d'accueil».

Touchées par les témoignages et les images de Syriens fuyant la guerre, Renée Taylor et Maria Fleming ont trouvé un moyen de réchauffer le coeur des réfugiés à leur arrivée à Ottawa.

«Beaucoup arriveront sans les nécessités de base, tels que des vêtements appropriés au climat canadien, des manteaux, ainsi des produits d'hygiène et de toilettage, par exemple. Bien que nous ne serons jamais en mesure d'effacer leur passé, nous croyons qu'une boîte remplie de ces éléments essentiels aidera à rendre leur transition au Canada plus facile en dépit de circonstances difficiles», explique Renée Taylor.

L'organisme essaie d'amasser des dons auprès du public pour remplir ces boîtes, qui sont constituées d'un manteau, d'une tuque, d'une paire de gants, des produits d'hygiène, d'un jouet pour les enfants et d'un guide d'information. Pour Renée, ces boîtes sont une manière de dire que la population est heureuse de les accueillir dans la communauté.

«La Boîte d'accueil se veut plus qu'une boîte remplie d'objets, confie-t-elle. On veut rassembler nos communautés dans une geste de bienvenue et d'accueil».

À l'heure actuelle, l'organisme a pu constituer 300 boîtes en près de trois semaines. Ces boîtes seront données au Centre catholique pour les immigrants qui les offrira aux réfugiés à leur arrivée à Ottawa.

D'ailleurs, le concept est tellement populaire que des provinces ont fait appel à l'organisme pour développer des boîtes d'accueil partout dans le pays.

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