La violence faite aux femmes, fléau aux mille visages

À Gatineau et à Ottawa, comme partout au... (Martin Roy, LeDroit)

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À Gatineau et à Ottawa, comme partout au pays, on soulignait dimanche le 26e anniversaire des tristes événements de l'école Polytechnique.

Martin Roy, LeDroit

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On soulignait dimanche le 26e anniversaire des tristes événements de l'école Polytechnique, cette violente démonstration de sexisme qui avait secoué le pays tout entier. Malheureusement, ces sobres célébrations en mémoire des victimes nous rappellent que la violence faite aux femmes est loin d'être chose du passé.

À titre de directrice de la Maison Unies-Vers-Femmes - qui accueille les femmes victimes de violence -, Véronique Paradis est aux premières loges pour constater ce fait.

«Cette année, en 2015, il y a neuf femmes qui ont été assassinées. Là, on parle d'assassinats, mais on ne parle pas des autres formes de violence. C'est encore très caché. [...] On le voit bien dans les maisons d'hébergement que ce n'est pas quelque chose qui est réglé. Par maison, c'est des centaines de femmes qui viennent chaque année.»

Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées à Gatineau, au parc Mémoires D'elles et à Ottawa, au parc Minto pour souligner la Journée nationale contre la violence faite aux femmes et dénoncer cette violence.

Les bonnes nouvelles viennent au compte-gouttes pour ceux et celles qui militent contre ce fléau. La plus récente, c'est le discours du trône dans lequel le gouvernement de Justin Trudeau a réitéré son intention de lancer une enquête publique sur les femmes autochtones assassinées ou disparues.

Malgré cela, selon Mme Paradis, elle reste prudente et attend des actions concrètes. Elle ne cache pas qu'il est difficile de combattre un fléau qui a mille visages, dont beaucoup sont terrés dans l'ombre.

«Souvent, c'est des beaux grands discours, mais en même temps, il n'y a pas vraiment d'actions qui sont concrètes», soutient Véronique Paradis.

Selon la directrice de la Maison Unies-Vers-Femmes, les embûches à la lutte contre la violence faite aux femmes sont nombreuses. On parle beaucoup de violence conjugale, mais des enjeux au chapitre du processus de dénonciation et de la protection des victimes sont aussi importants.

«La crédibilité des femmes est souvent mise en cause parce que c'est dans une relation amoureuse. On oublie que les femmes [...], quand elles ont rencontré cet homme-là, il n'était pas nécessairement violent à la première rencontre. C'est quelque chose qui s'installe tranquillement.»

«Ce n'est pas au moment où la femme quitte (le domicile familial) que la violence arrête. Après, il y a beaucoup de harcèlement et c'est là qu'il n'y a pas de prise en charge au niveau de la justice», ajoute Mme Paradis.

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