Cinq idées pour le climat

Chaque jour, des citoyens, des chercheurs et des organismes travaillent à... (Kenzo Tribouillard, AFP)

Agrandir

Kenzo Tribouillard, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mama Afou
Le Droit

Chaque jour, des citoyens, des chercheurs et des organismes travaillent à développer des projets et des concepts afin de consommer de façon écologique et responsable et ainsi réduire notre impact sur l'environnement. En marge de la Conférence sur les changements climatiques qui débute lundi à Paris, LeDroit vous présente cinq initiatives régionales qui ont toutes le même objectif: vivre de façon écoresponsable dans le respect de la planète.

Stocker l'énergie solaire dans les maisons

Chaque jour, des citoyens, des chercheurs et des... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 3.0

Agrandir

Patrick Woodbury, LeDroit

Le professeur Ian Beausoleil-Morrison... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 3.1

Agrandir

Le professeur Ian Beausoleil-Morrison

Patrick Woodbury, LeDroit

Une maison expérimentale pour réduire la consommation d'énergie dans les résidences traditionnelles est apparue dans le paysage du campus de l'Université Carleton depuis quelques mois.

Après avoir mené des tests et des simulations avec des ordinateurs, le professeur en génie mécanique et aérospatiale Ian Beausoleil-Morrison a décidé de lancer ce «laboratoire à échelle réelle» afin de tester différents systèmes de stockage pour capter l'énergie solaire durant l'été pour l'utiliser pendant l'hiver.

Pour arriver à stocker l'énergie capturée par les panneaux solaires durant la belle saison, le professeur Beausoleil-Morrison teste en ce moment deux systèmes. Le premier est un grand réservoir d'eau et le second est une grande boîte remplie de sable humide. Les récipients sont alimentés par l'énergie captée par les panneaux solaires puis transférée et stockée pour être utilisable pendant l'hiver, une saison où il y a moins de soleil et que la demande en chauffage est grande.

Ian Beausoleil-Morrison croit que ces systèmes pourraient diminuer de façon draconienne la consommation d'énergie dans les foyers. «Au Canada, 17% de l'énergie qu'on utilise est consommée par nos maisons. On brûle beaucoup de gaz naturels dans nos foyers, on consomme énormément d'électricité [...]. Si le système fonctionne, on pourrait réduire la consommation de gaz naturels dans les maisons de 90%.» Intéressées par les travaux du professeur Beausoleil-Morrison, plusieurs entreprises planchent avec lui sur ce projet. Si les résultats attendus dans un peu plus de deux ans sont concluants, nous pourrions assister à la naissance de la maison du future au Canada.

À prendre ou à laisser à la Gratuiterie

La bénévole Amanda Smith... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 5.0

Agrandir

La bénévole Amanda Smith

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Agir pour l'environnement, c'est aussi diminuer nos déchets et donner une seconde vie aux objets.

À la Gratuiterie de l'Université d'Ottawa, les étudiants peuvent se délester d'objets en bon état et devenus inutiles ou encombrants pour permettre à d'autres de se les procurer gratuitement. On peut ainsi y trouver des vêtements, des lampes, des manuels et même des assiettes.

Pas besoin de donner pour profiter de la gratuité, il suffit de présenter sa carte étudiante et se servir.

Ce concept de partage attire de nombreux étudiants de l'université, en outre lors de la rentrée universitaire alors que les besoins se font importants. Ce concept permet ainsi de consommer autrement et de réduire l'accumulation de déchets et le gaspillage qui alimente la surproduction. «Notre objectif est de créer un campus sans déchets en offrant à la communauté universitaire un endroit où elle peut donner des articles ou s'en procurer gratuitement afin de réduire notre consommation. Tous les articles qu'on a, s'ils n'étaient pas ici, ils se trouveraient malheureusement au site d'enfouissement», explique Brigitte Morin, la coordonnatrice du recyclage au Bureau du développement durable de l'université.

Ainsi, grâce à ce programme, c'est près de 25 tonnes d'objets qui sont recyclés et redistribués annuellement à la Gratuiterie.

Du tourisme écologique

Les chalets Solisterra... (Courtoisie) - image 7.0

Agrandir

Les chalets Solisterra

Courtoisie

Être écologique, c'est aussi voir et penser de manière originale.

Décidés à bâtir autrement, Dominique Tonetti, architecte et spécialiste en développement durable et en construction écologique et son conjoint Marc Dutton, ingénieur, se sont investis dans un projet de constructions de chalets «biodégradable».

Armés de leur scie, le couple a coupé les arbres pour dégager la surface de leurs bâtisses qu'ils ont ensuite réutilisées dans la construction de leurs deux chalets écolo-touristiques. Nommés Pinéa et Rosa, les deux chalets que loue le couple aux touristes dans le village de Kazabazua sont faits de bois et de ballots de paille qui permettent d'isoler la maison. L'électricité utilisée dans les chalets Solisterra provient principalement des panneaux solaires et d'une éolienne.

C'est notamment grâce à ses voyages que Dominique Tonetti a découvert l'usage de la paille «qui date depuis très longtemps au Québec», confie-t-elle. L'architecte s'est aussi inspirée de la construction des cathédrales européennes pour bâtir des chalets durables. «Les maisons canadiennes partent aux déchets après 25 ou 30 ans, moi je construis pour au moins 100 ans», explique celle qui utilise seulement des matériaux de construction recyclables. Pour Mme Tonetti, il est important de montrer que l'on peut construire autrement, de manière écologique sans sacrifier le confort auquel on est habitué dans les maisons dites traditionnelles.

«Les gens sont surpris lorsqu'ils viennent ici, ils trouvent ça très confortable», confie-t-elle. Même s'il y a de «l'engouement» de la part du public autour de la construction de paille, Dominique Tonetti regrette que les pouvoirs publics et les banques ne reconnaissent pas encore ce type de construction.

L'école se met au vert

Raphaël Collette et Julien Pomerleau, dans la serre... (Martin Roy, LeDroit) - image 9.0

Agrandir

Raphaël Collette et Julien Pomerleau, dans la serre de l'école

Martin Roy, LeDroit

Certifié Établissements verts Brundtland (EVB) depuis 2008, le Collège Saint-Alexandre de Gatineau est un bon exemple du virage écologique entrepris par certaines écoles de la région.

Cette certification, qui signifie le respect des valeurs de démocratie, de solidarité, de pacifisme et d'environnement, pousse ce collège privé à organiser diverses activités de sensibilisation.

C'est surtout les élèves qui ont à coeur de fournir des efforts pour diminuer leur impact sur l'environnement comme l'explique le directeur de la 3e et de la 4e secondaire de l'établissement, Simon Massie. Une centaine d'élèves se mobilisent deux fois par semaine pour décontaminer les bacs de recyclage bleus situés dans les classes. Des étudiants ont aussi créé le comité «Les oignons verts» qui entretient le potager de l'école. Dans le cadre des journées de la Terre, les élèves se mobilisent pour le nettoyage des 40 acres de terrain de l'établissement.

Enfin, à chaque fin d'année scolaire les étudiants récupèrent des articles scolaires comme des romans pour les recycler. Même les programmes scientifiques se sont mis au vert. «Avec le renouveau des programmes de science, on enseigne dorénavant l'écologie à l'école», révèle M. Massie.

Pour Geneviève Carrier, d'Enviro Éduc-Action, il est important d'encourager ce genre d'initiatives dans les écoles. «L'éducation relative à l'environnement est essentielle chez les jeunes pour les encourager à devenir écoresponsable», explique-t-elle.

Comprendre les étiquettes

Anne Petitclerc, propriétaire du magasin Multiservices Vert... (Martin Roy, LeDroit) - image 11.0

Agrandir

Anne Petitclerc, propriétaire du magasin Multiservices Vert

Martin Roy, LeDroit

C'est à la suite du décès de sa belle-mère, morte d'un cancer, qu'Anne Petitclerc s'est mise à se questionner sur les produits consommés à la maison.

«J'ai ramassé les produits et je me suis rendu compte que je ne comprenais pas les étiquettes», confie-t-elle. Forte de cette révélation, Mme Petitclerc a décidé de se lancer dans la commercialisation de produits naturels, biodégradables car, dit-elle, «on est fait pour absorber des plantes, mais pas des produits toxiques».

Cela fait un an et demi maintenant que le magasin Multiservices Vert a pignon sur rue à Gatineau, sur Notre-Dame. On peut trouver toutes sortes d'articles, allant des produits de nettoyage, d'hygiène corporelle comme des huiles, des crèmes, mais aussi des vêtements et de la nourriture.

Pour la propriétaire du magasin, il était essentiel d'encourager des produits issus «d'entreprises locales, régionales et provinciales» afin de favoriser le commerce équitable et diminuer la pollution liée au transport. Ce souci pour l'environnement s'est aussi accentué depuis la naissance de son enfant. «Je veux comprendre ce que je mets dans ma peau et celle de mon enfant, réduire les produits cancérigènes et aller vers des choses plus naturelles qui sont plus saines au niveau de la santé et de l'environnement», avoue-t-elle.

Depuis l'ouverture du magasin, Anne Petitclerc voit qu'il y a un véritable engouement pour les produits naturels, respectueux de l'environnement. «Nos produits ne sont pas plus chers que la norme. Ce sont des produits qui sont efficaces et les gens, lorsqu'ils viennent ici, réalisent que c'est abordable», affirme-t-elle.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer