La lutte d'un imam de Gatineau contre la radicalisation

L'Outaouais compte sur la présence de 10 000... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

L'Outaouais compte sur la présence de 10 000 musulmans.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les jeunes radicalisés, branchés sur les lubies du groupe armé l'État islamique (EI), ne fréquentent pas les mosquées prônant la paix, comme celle du Centre islamique de l'Outaouais (CIO), à Gatineau. Son imam, Ahmed Limame, le sait. Il ne peut tout contrôler et tout savoir, mais au moins, il peut parler aux jeunes qui fréquentent son centre.

«Ce discours (de l'EI) ne tient pas debout, dit-il. [Au CIO], on ne voit pas cette tendance de radicalisation. Évidemment, les radicaux n'iront pas à la mosquée parce qu'ils seront reconnus.»

Il est de notoriété publique que l'EI utilise très efficacement les médias sociaux pour recruter et convaincre partout dans le monde.

M. Limame en a long à dire sur les attentats de Paris, les tueries en Irak et en Syrie, et les communautés musulmanes dont fait partie celle l'Outaouais. «Toutes les idéologies qui tolèrent ces crimes vont à l'encontre des fondements des lois divines et des conventions terrestres», affirme le religieux.

«Toutes les idéologies qui tolèrent ces crimes vont... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 2.0

Agrandir

«Toutes les idéologies qui tolèrent ces crimes vont à l'encontre des fondements des lois divines et des conventions terrestres», affirme l'imam Ahmed Limame.

Patrick Woodbury, LeDroit

Si une famille de la région se dit préoccupée par le comportement d'un des leurs, M. Limame ouvre ses portes pour en discuter. Les familles doivent sonner la cloche auprès de la Gendarmerie royale du Canada avant que l'irréparable se produise.

«La nature de cette violence ne vient pas d'ici. C'est nourri là-bas (en Irak et en Syrie). S'il n'y a pas de problème là-bas, il n'y en aura pas ici...»

Selon M. Limame, les questions de sécurité nationale reviennent en priorité au gouvernement fédéral. «Nous devons contribuer, mais nous avons besoin d'aide.»

Le CIO n'a pas été la cible de propos haineux depuis les attentats de Paris, rajoute M. Limame.

Accueillir les réfugiés

Le responsable du CIO s'attend à devoir soutenir les familles de réfugiés syriennes, alors que le Canada a annoncé l'accueil de 25 000 d'entre eux.

«Une fois qu'ils sont ici, nous avons l'obligation de les accueillir. Nous devons mettre en place des comités pour les aider, faire leurs achats, trouver des emplois, inscrire les enfants à l'école, trouver les habits.»

Les réfugiés auront le réflexe de se raccrocher à ce qu'ils connaissent déjà, comme la mosquée. Ahmed Limame en convient et s'attend à jouer un rôle important dans l'intégration des nouveaux arrivés.

L'Outaouais compte sur la présence de 10 000 musulmans.

«Nous mettons en garde les musulmans en général contre les tentations de rejoindre les rangs de cette organisation d'égarés et de ne pas s'enliser dans ses méfaits, qui vont jusqu'à l'accusation d'apostasie à l'égard des gens de l'Islam et de porter atteinte à leur intégrité physique, insiste le leader régional. Nous les invitons à la déserter et à dénoncer ses agissements.»

À la suite des événements de Paris, le conseil d'administration du Centre islamique de l'Outaouais a publié une déclaration «condamnant fermement» ces attentats.

«Dès le lendemain, moi et l'imam Sikander Hachemi, délégués par le Conseil des Imams d'Ottawa-Gatineau, avons adressé un message de condoléances au peuple français.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer