Violence envers les femmes: bilan mitigé à Ottawa

La professeure Holly Johnson a réalisé l'enquête entre... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

Agrandir

La professeure Holly Johnson a réalisé l'enquête entre novembre 2014 et mars 2015.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Au moment où le chef de police d'Ottawa Charles Bordeleau dit faire de la lutte contre la violence faite aux femmes l'une de ses priorités, une nouvelle étude rendue publique mercredi et réalisée à partir des témoignages de 219 femmes victimes de tels crimes permet de dresser un portrait ni blanc ni noir des interventions des agents de la capitale fédérale.

Réalisée par la professeure en criminologie à l'Université d'Ottawa, Holly Johnson, l'étude menée entre novembre 2014 et mars 2015 permet de conclure qu'une part des femmes qui ont dû se confier au sujet de douloureux pans de leur vie à des policiers ont ressenti de la compassion et du respect de la part de ces derniers, tandis que certaines d'entre elles disent s'être senties blâmées et diminuées, voire carrément laissées dans des situations dangereuses.

D'autre part, lorsque l'intervention des autorités ne se solde pas par une accusation, les femmes sont fréquemment pointées du doigt comme ayant fabriqué la plainte à l'endroit de leur agresseur, si bien qu'elles sont réticentes à de nouveau faire appel à la police, révèle également l'étude dévoilée en marge du lancement de la campagne «Pleine Lumière», à l'hôtel de ville d'Ottawa.

«Je me sentais comme si j'étais un suspect qu'on interrogerait. On me disait que je serais accusée si j'étais reconnue coupable d'avoir menti. Il m'a demandé pourquoi je n'avais pas crié ou lutté davantage, et il ne semblait pas me croire. [...] L'enquêteur au dossier était odieux. Impersonnel, peu compatissant, insensible», témoigne entre autres une femme dans le document.

À l'inverse, d'autres gardent un bon souvenir de leur expérience avec le Service de police d'Ottawa (SPO).

«Ils sont restés calmes malgré mon agitation. Ils ont aidé à restaurer un climat de dignité en ce moment terrifiant et malheureusement gênant. Ils ne m'ont pas jugé ni fait la morale», raconte une autre victime de violence.

«Ces femmes espèrent que le SPO prenne les résultats au sérieux et apporte les changements nécessaires pour que toutes les femmes sans exception reçoivent une aide professionnelle de la part des policiers», indique Mme Johnson, qui ne nie pas que beaucoup de progrès ont été faits à cet égard ces dernières années.

Présent au point de presse, le chef Bordeleau n'a pas tardé à dire qu'il prenait bonne note des recommandations de l'étude.

«Avec nos partenaires, on va continuer à travailler pour éradiquer la violence faite aux femmes. Il faut lancer le message aux hommes que ce n'est pas acceptable», a-t-il dit.

Des quelque 25 000 appels de service domestique traités par le SPO entre 2009 et 2013, quelque 8000 ont été consignés avec infraction criminelle. De ce nombre, 82% mettaient en cause une victime de sexe féminin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer