Dans la rue pour dénoncer l'austérité

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Près de 250 personnes ont manifesté dans les rues de Gatineau pour dénoncer les coupes dans le monde communautaire.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Si la raison de manifester était la même pour les quelque 250 personnes qui sont sorties dans les rues du centre-ville de Gatineau, mardi après-midi, les slogans, eux, étaient multiples.

De «Quand on sème la misère, on récolte la colère» à «Seule la lutte paie, à bas le capitalisme» en passant par «Arrêtez de nous couper, on est tanné de se faire saigner» ou «On veut travailler, pas se faire exploiter», les protestataires provenant d'une quarantaine d'organismes communautaires en grève dans la région souhaitaient faire savoir qu'ils en ont ras-le-bol des mesures d'austérité imposées par les deux paliers de gouvernement.

Sur le terrain, la frustration et la désillusion étaient palpables. Les budgets d'exploitation de bon nombre d'organismes ne permettent plus de combler les besoins qui, eux, sont grandissants, affirment les représentants des organismes, qui se disent victimes d'un sous-financement chronique depuis des années.

Selon la directrice générale du centre Kogaluk, dans le Pontiac, Jacinthe Potvin, il est grand temps que le vent tourne. «Nos bailleurs de fonds coupent de tout bord tout côté. Par exemple, on s'est fait retrancher 30 000$ provenant du programme fédéral Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance. C'est un montant énorme pour nous. [...] Et on reçoit 60 000$ du CISSSO alors qu'on évalue nos besoins à 300 000$», raconte Mme Potvin, dont l'organisme vient en aide aux personnes et sans-abri souffrant de problèmes de santé mentale ou d'alcoolisme.

«Ça fait 15 ans que je suis dans le domaine et j'avoue que je suis essoufflée, poursuit-elle. Sauf que dans le monde communautaire, nous sommes des guerriers, des gens de coeur. On se retrousse les manches et on fait plus avec toujours moins.»

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Les manifestants, qui n'avaient pas révélé leur itinéraire aux autorités policières, ont pris le départ du centre Yolande-Duval de la Soupe populaire de Hull, sur le boulevard des Allumettières, et se sont dirigés jusqu'à l'édifice Jos-Montferrand, sur la rue Hôtel-de-Ville, lequel abrite les bureaux de la ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée. La manifestation a pris fin au même endroit où elle avait pris forme, environ 90 minutes plus tard. Aucun incident n'a été rapporté par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), qui escortait le groupe d'intersection en intersection.

Une autre manifestation a eu lieu simultanément à Maniwaki.

Plus tôt en journée, des militantes anticapitalistes ont occupé les bureaux du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) afin notamment de déplorer les coupures dans le réseau de la santé. L'action était revendiquée par l'Association pour la défense des droits sociaux de Gatineau.

À l'échelle québécoise, 1300 organismes communautaires ont interrompu leurs services lundi et mardi. Ils chiffrent leur sous-financement à environ 265 millions de dollars.

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