Aide à mourir: les évêques inquiets de l'arrivée de Trudeau

L'archevêque d'Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, lors d'un point... (Sean Kilpatrick, PC)

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L'archevêque d'Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, lors d'un point de presse tenu jeudi en présence de représentants des communautés chrétiennes, juives et musulmanes

Sean Kilpatrick, PC

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La Presse Canadienne

La réponse que donneront les libéraux au jugement de la Cour suprême sur l'aide médicale à mourir inquiète le représentant de la Conférence des évêques catholiques du Canada.

L'archevêque d'Ottawa, Terrence Prendergast, a laissé tomber jeudi qu'il était «un peu» inquiet d'avoir le premier ministre désigné Justin Trudeau comme interlocuteur dans ce débat.

Car le Parti libéral du Canada (PLC) est porté sur la défense des libertés individuelles, et l'aide médicale à mourir vise justement «à donner une plus grande liberté» de choix aux individus, a-t-il plaidé en conférence de presse au parlement.

Justin Trudeau s'est prononcé personnellement en faveur du jugement rendu le 6 février dernier par la Cour suprême du Canada, puisant dans son expérience personnelle auprès de son père, l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau.

«Ma conviction est profonde. Elle est fondée sur mon expérience personnelle à accompagner mon père pendant les derniers moments de sa vie», a exposé le chef du PLC en février dernier. L'ex-premier ministre est mort en 2000.

Ils ont dit craindre qu'aucune loi ne soit adoptée en réaction au jugement du plus haut tribunal au pays, comme ce fut le cas pour le droit à l'avortement.

«Notre plus grande crainte, c'est que nous aurons droit à la même situation que dans le cas de l'avortement, où il n'y a aucune réglementation, aucun contrôle, aucune balise», a affirmé Mgr Prendergast.

«On verrait des adolescents décider qu'ils ne veulent plus vivre et qui demanderaient à un médecin de mettre fin à leur vie», a-t-il enchaîné.

Les trois options du fédéral

Le gouvernement fédéral disposait d'un an pour réagir au jugement de la Cour suprême du Canada.

Ottawa disposait de trois options: invoquer la clause dérogatoire pour s'y soustraire, ne rien faire - ce qui rendrait légale l'aide à mourir fournie par un médecin dans les limites des paramètres établis par la cour - ou encore légiférer.

Le réseau anglais de Radio-Canada a rapporté mercredi que les libéraux envisagent de demander au plus haut tribunal au pays un délai d'au moins six mois afin d'avoir suffisamment de temps pour ébaucher un projet de loi.

Quelques jours avant la fin des travaux parlementaires, en juin dernier, le ministre sortant de la Justice, Peter MacKay, avait prédit que le gouvernement qui serait porté au pouvoir le 19 octobre demanderait un délai pour réagir au jugement.

Au Parti conservateur, on n'a pas voulu dire jeudi si l'on enjoignait le gouvernement libéral qui sera assermenté le 4 novembre prochain à adresser une telle requête à la Cour suprême.

Les conservateurs ont mis plus de cinq mois à agir sur le front de l'aide médicale à mourir, formant un comité le 17 juillet - un peu plus de deux semaines avant de déclencher la campagne électorale.

Le comité en question, qui devait produire son rapport pour la mi-novembre, demandera une prolongation au nouveau gouvernement libéral, a indiqué mercredi à La Presse Canadienne l'un de ses membres, l'ancien ministre québécois Benoît Pelletier.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) estime qu'il faut d'abord voir s'il y a lieu d'accorder davantage de temps au comité mis sur pied par les conservateurs, puisque la qualité du travail qu'ils auront accompli permettra de mieux évaluer la suite des choses.

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