La photo d'une Femen censurée à Gatineau

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La photo de Joël Lemay s'est retrouvée derrière un comptoir du centre sportif de Gatineau.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Au moment où la planète entière s'émeut devant les images-chocs relayées dans les médias de la crise des migrants syriens, une photographie montrant des militantes du groupe Femen manifestant seins nus au centre-ville de Montréal lors du dernier Grand Prix du Canada a été censurée à Gatineau.

Jusqu'à mercredi, la population était invitée à découvrir les meilleurs clichés croqués par les photojournalistes du Québec l'an dernier.

L'exposition organisée par la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) était présentée au centre sportif.

L'oeuvre a fait l'objet d'une vingtaine de plaintes durant les trois premiers jours suivant le vernissage, a affirmé un porte-parole de la Ville de Gatineau.

Un employé du centre sportif a alors décidé de déplacer l'oeuvre derrière un comptoir, loin des regards des nombreux enfants qui fréquentent l'endroit, sans en aviser la FPJQ ou les responsables de l'exposition à la Ville de Gatineau.

«C'est spécial qu'on juge que mon travail n'est pas décent. Cette photo a été publiée dans le journal.»

Joël Lemay
photographe pour l'Agence QMI

Ayant lui-même participé au vernissage, le 17 septembre dernier, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin s'est empressé de prendre la défense de l'oeuvre et de s'excuser au nom de la Ville.

«Il faut s'attendre à ce que ce genre de photo puisse choquer, mais cela reste du journalisme d'information. Il est clair que cette photo n'aurait pas dû être retirée», a-t-il commenté, de toute évidence mal à l'aise.

L'oeuvre a été retirée et placée derrière un... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 4.0

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L'oeuvre a été retirée et placée derrière un comptoir, loin des regards des enfants qui fréquentent l'endroit, sans en aviser la FPJQ ou les responsables de l'exposition.

Patrick Woodbury, LeDroit

Joint par LeDroit mercredi, l'auteur de la photographie était furieux du sort réservé à son cliché, qui a été finaliste dans la catégorie Actualité du prix Antoine-Desilets.

«C'est spécial qu'on juge que mon travail n'est pas décent, fulmine Joël Lemay, de l'Agence QMI. Cette photo a été publiée dans le journal. Il y a eu d'autres reportages semblables sur les Femen, et même au téléjournal.»

«Oui, elle est seins nus. Mais pour les Femen, c'est un moyen de revendiquer», dit-il.

M. Lemay défend son rôle de photographe de presse. Il affirme que montrer la réalité de façon brute et objective fait partie de son travail.

«Parfois, les photos sont dures à regarder, mais c'est ce qui fait réagir les gens», plaide-t-il, évoquant les «morts» sur certaines images diffusées dans les médias, comme le petit Syrien de 3 ans Alan Kurdi, retrouvé noyé sur une plage de Turquie le 2 septembre dernier.

La FPJQ-Outaouais souhaite quant à elle profiter de l'occasion pour sensibiliser le public à la protection de la liberté d'expression.

«La photographie de presse peut parfois choquer, mais c'est là tout ce qui fait son intérêt. Ça ne saurait être une justification suffisante pour la bannir», souligne la présidente Mylène Crête, se disant satisfaite des explications données par la Ville de Gatineau.

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