Une résidente d'Ottawa menacée de déportation vers la Syrie

Mohammad Al Rayyan et sa femme Dima Siam... (Martin Roy, LeDroit)

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Mohammad Al Rayyan et sa femme Dima Siam avec leurs enfants, Baraa (5 ans), Ahmad (3 ans) et Anas (6 ans). La mère est menacée de déportation.

Martin Roy, LeDroit

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Alors qu'en pleine élection générale, les partis politiques se disputent le titre de l'équipe qui accueillera le plus de réfugiés syriens, une femme - sans dossier criminel - qui réside à Ottawa fait l'objet d'un avis de déportation vers la Syrie.

Mohammad Al Rayyan, citoyen canadien depuis 2002, dénonce le sort réservé à sa famille depuis leur retour au pays en 2012.

«Ma femme a perdu plus de 20 livres (depuis son arrivée au Canada) parce qu'elle est très inquiète pour son futur, pour sa carrière. Vous savez, on entend tous les jours qu'il faut supporter et aider les réfugiés [...] comment on doit interpréter ça quand nous sommes ici et qu'on ne reçoit pas les droits de base.»

Dima Siam, diplômée universitaire en biologie, fait l'objet d'un avis de déportation depuis le 29 janvier 2015. L'avis a été placé en attente puisque Mohammad Al Rayyan a demandé une exemption pour sa femme en raison du danger de l'envoyer dans un pays en guerre. Depuis bientôt sept mois, le couple et leurs trois enfants vivent dans l'incertitude.

La déportation de Dima Siam a été exigée après que la demande de résidence permanente de la femme ait été refusée par les autorités canadiennes. Or, selon M. Al Rayyan, leur requête a uniquement été rejetée en raison d'une bête erreur de sa part.

Après le déclenchement de la guerre civile en Syrie, le gouvernement canadien invite Mohammad Al Rayyan à rentrer au pays pour sa sécurité. Il était retourné dans ce pays du Moyen-Orient en 2006, c'est là qu'il a rencontré celle qui deviendra son épouse. Ses trois enfants ont la citoyenneté canadienne et Dima Siam reçoit alors un visa de visiteur.

La famille arrive au pays dans une situation plutôt instable après avoir fui la guerre. À la recherche d'un emploi, Mohammad fait appel à l'assistance sociale pour subvenir aux besoins de sa famille sur une base temporaire. C'est pendant cette période qu'il formule une demande de résidence permanente pour sa femme, ç'a été une erreur.

«J'ai envoyé le formulaire avec une offre d'emploi, je commençais à travailler là deux semaines plus tard. Je croyais que ce serait correct, mais finalement, non.»

Mohammad Al Rayyan est ingénieur en informatique et soutient avoir conservé le même emploi depuis 2012.

Au début de l'année 2015, Citoyenneté et Immigration Canada lui a demandé de rembourser les sommes obtenues par l'assistance sociale pour régler sa situation, ce qu'il soutient avoir fait. Quelques semaines plus tard, sa femme a reçu l'avis d'expulsion.

«Ma femme n'est pas une criminelle, insiste M. Al Rayyan. Elle ne devrait pas avoir à payer pour mon erreur.»

Le père souligne que l'incertitude dans laquelle sa famille est placée est «une véritable torture». Dima Siam ne dort pratiquement plus et ses enfants ressentent beaucoup de stress, particulièrement son fils aîné, âgé de 6 ans.

«L'an dernier, il était en première année. Une psychologue de son école m'a dit qu'il a commencé à avoir des épisodes de panique quand sa mère a reçu l'avis de déportation. Il a peur, il n'arrête pas de dire qu'il a peur de se faire tirer. Il a vu des cadavres, des explosions et du sang là-bas, il ne veut pas y retourner.»

Mohammad et ses trois enfants ne seraient pas forcés de retourner en Syrie, puisqu'ils ont la citoyenneté canadienne. Or, le père refuse de laisser son épouse seule dans un pays en guerre. Il implore les politiciens canadiens de se prononcer sur son cas et d'aider sa famille à éviter l'éviction du pays de sa femme.

«Si j'avais fait une demande pour un statut de réfugié, ou si j'avais attendu deux semaines pour faire la demande de résidence permanente, on ne serait pas dans cette situation.»

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