«On a vu des enfants déchiquetés, des villages bombardés»

«En Syrie, c'est l'enfer. Il faut sauver ces... (Etienne Ranger, LeDroit)

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«En Syrie, c'est l'enfer. Il faut sauver ces personnes-là. [...] C'est inacceptable de voir que des pays ne veulent pas les accueillir», déplore Fadi Atalla, prêtre de la paroisse Saint-Paul des Syriaques catholiques d'Ottawa.

Etienne Ranger, LeDroit

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L'image a fait le tour du monde. Le petit Aylan Kurdi, trois ans, mort noyé en tentant de gagner une terre d'accueil et un avenir meilleur. Une photo qui «blesse le coeur», qui fait couler des larmes, mais qui fait aussi dire aux Syriens établis au Canada que la communauté internationale doit agir, puisque des scènes encore plus troublantes surviennent chaque jour dans leur pays d'origine.

Le président de l'Association syrienne du Canada, le Gatinois Mounir Louis, semblait désemparé au bout du fil. Installé au pays depuis 25 ans, la moitié de sa famille est encore en Syrie. «Ils n'ont pas les moyens de quitter», a-t-il laissé tomber.

Au lendemain de la publication de la photo du petit Aylan, M. Louis tenait à souligner que «ça fait des années» que le peuple syrien voit des choses «plus graves», jour après jour. «On a vu des enfants déchiquetés, des villages bombardés», souligne-t-il.

Le prêtre de la paroisse Saint-Paul des Syriaques catholiques d'Ottawa, Fadi Atalla, abonde dans le même. «En regardant la photo de l'enfant, ça blesse le coeur et ça doit faire agir la conscience mondiale et les responsables mondiaux pour arrêter cette guerre-là et combattre tous les terroristes, pour sauver les enfants, mais aussi les grands, a réagi M. Atalla. La photo blesse parce que c'est un enfant innocent, mais il y a des choses plus graves, des gens qui ont été décapités, des enfants kidnappés, des femmes violées. En Syrie, c'est l'enfer. Il faut sauver ces personnes-là. [...] C'est inacceptable de voir que des pays ne veulent pas les accueillir.»

«Moi, je sais que les Canadiens ont un grand coeur pour accueillir tout le monde, mais malheureusement, c'est le gouvernement qui met des bâtons dans les roues.»

Mounir Louis
président de l'Association syrienne du Canada

Mounir Louis implore lui aussi les forces internationales à agir pour mettre un terme au conflit, et invite les médias à se préoccuper davantage du dossier.

«Il faut trouver la solution pour arrêter la guerre là-bas, insiste le président de l'Association syrienne du Canada. La Syrie, c'est grand, et on ne peut pas accueillir tous les Syriens partout dans le monde, alors il faut trouver une solution sur le terrain là-bas. [...] Les membres de notre association sont sortis plusieurs fois, on est sorti devant le monument des droits de l'Homme sur la rue Elgin, mais personne n'est venu nous écouter. Nous sommes désespérés.»

Visiblement déçu des politiques d'immigration du gouvernement de Stephen Harper, Mounir Louis espère que la communauté internationale se mobilisera pour aider les réfugiés.

«Moi, je sais que les Canadiens ont un grand coeur pour accueillir tout le monde, mais malheureusement, c'est le gouvernement qui met des bâtons dans les roues.»

Fadi Atalla a encore une soeur et un neveu en Syrie. Ses parents sont récemment arrivés au Canada, et ont vu leur demande d'asile être acceptée. Mais tout comme Mounir Louis, il demande aux autorités de «faciliter l'arrivée» de réfugiés.

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