Des injections supervisées sur St-Patrick

Situé à l'angle des rues St-Patrick et Cumberland,... (Martin Roy, Le Droit)

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Situé à l'angle des rues St-Patrick et Cumberland, un site de fortune a été installé pour accueillir les toxicomanes et prévenir les surdoses de fentanyl, entre autres.

Martin Roy, Le Droit

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Le premier site d'injection supervisée d'Ottawa est prêt à accueillir ses premiers toxicomanes. Bien qu'illégal, le centre de fortune, érigé au coin des rues St-Patrick et Cumberland, semblait toléré par les autorités municipales, vendredi.

Au nom de la santé publique, le groupe Prévention surdose Ottawa, composé de bénévoles, de travailleurs sociaux et d'infirmières, avait annoncé la veille l'ouverture de centre non autorisé par Santé Canada. Il s'était toutefois gardé d'en dévoiler le lieu exact, craignant que les autorités municipales lui coupent l'herbe sous le pied avant l'ouverture officielle du lendemain.

Deux tentes ont été aménagées sur un petit terrain gazonné du centre-ville, vendredi. 

Le groupe fournit des aiguilles stériles aux toxicomanes, ainsi que de la naloxone aux victimes de surdose aux opiacés, comme le fentanyl. La naloxone s'administre aussi facilement que de l'épipen chez les personnes allergiques. Les bénévoles s'engagent ensuite à faire le 9-1-1 pour transporter les victimes de surdose.

Le fentanyl fait des ravages dans les rues du Canada, incluant sa capitale.

En milieu d'après-midi, vendredi, les responsables dressaient leurs tentes et rangeaient les trousses de naloxone. 

D'autres se préparaient à dialoguer avec les passants et à accueillir les consommateurs.

Une des instigatrices du projet, Marilou Gagnon, infirmière, a expliqué aux médias qu'ils attendaient leur départ avant d'accueillir les premiers bénéficiaires.

« On criminalise l'utilisation des drogues, et c'est une des causes de surdose et de décès. On ne peut pas les sauver de cette façon. On ne peut pas dire aux gens d'attendre le processus bureaucratique et les laisser mourir seuls », dit-elle.

Le seul centre ottavien ayant reçu une autorisation de santé Canada sera situé dans le secteur Côte-de-Sable. Son ouverture est prévue entre octobre et novembre prochains.

Les instigateurs du projet Côte-de-Sable ont travaillé pendant cinq ans avant d'avoir l'aval du fédéral.

Une vingtaine de centres d'injections sont ouverts en Colombie-Britannique, et un autre a été inauguré à Toronto il y a deux semaines. Selon Mme Gagnon, leur succès est indéniable et permet de limiter la consommation de drogues dures et la commission de méfaits dans les rues.

«Pas impliquée», mais «disponible»

Santé publique Ottawa se dit disponible pour assister l'équipe de bénévoles qui a ouvert un site d'injection supervisée même si celui-ci n'est pas autorisé par le fédéral.

Le médecin en chef de la Santé publique de la Ville d'Ottawa, Isra Levy, a écrit au conseil municipal et au maire Jim Watson, jeudi.

«Santé publique d'Ottawa n'est pas impliquée dans cette initiative», a répété le docteur Levy.

Il a rappelé que ce genre de projet, qui a la même vocation que le futur centre autorisé du quartier Côte-de-Sable, doit être approuvé par Santé Canada. Ce n'est pas le cas du site ouvert vendredi par des militants et bénévoles.

Outre le centre de Côte-de-Sable, qui doit ouvrir d'ici le mois de novembre, d'autres projets sont en attente d'autorisation du fédéral. Le Centre de santé communautaire Somerset Ouest et le Ottawa Inner City Health, sur l'avenue Myrand, sont en attente de réponse du gouvernement.

«Cependant, bien que (Santé publique Ottawa) ne soit pas impliqué dans cette initiative (du site non approuvé), nous demeurons prêts à travailler avec les partenaires ayant un objectif commun de sauver des vies et d'éviter des décès par surdose», ajoute le docteur Levy.

«J'ai demandé à des membres de mon équipe d'aller à la rencontre des individus impliqués dans le projet pour offrir une assistance, afin de s'assurer de la plus grande qualité de l'aide apportée, conformément aux standards de Santé publique Ottawa.»

Le site ouvert vendredi doit aussi fournir de la naloxone, un antidote permettant de sauver des personnes en surdose d'opiacé comme le fentanyl.

Le Service de police d'Ottawa (SPO) n'a pas voulu commenter l'affaire depuis jeudi et vendredi, affirmant par courriel qu'il s'agissait d'une affaire de santé publique.

Une porte-parole a indiqué que le SPO surveillerait le site «dans une perspective de sécurité publique».




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