Un site d'injection ouvre ses portes

Marilou Gagnon, infirmière et bénévole, fait partie d'une... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Marilou Gagnon, infirmière et bénévole, fait partie d'une petite équipe qui a décidé d'ouvrir un site d'injection supervisé non autorisé pour faire face à la crise du fentanyl, à Ottawa.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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Un premier site supervisé d'injection de drogue ouvrira ses portes vendredi, mais sans la permission de la Ville d'Ottawa. Les responsables du nouveau centre de prévention des surdoses veulent ainsi forcer la main aux gouvernements supérieurs qui tardent à réagir à la crise des surdoses de fentanyl qui s'abat sur la capitale fédérale.

Ce premier site servira aussi à faire la distribution de naloxone, l'antidote au puissant fentanyl, qui fait des ravages dans la rue.

Les instigateurs s'attendent à ce que leur projet soit considéré comme étant illégal, puisqu'ils n'ont demandé aucune permission des autorités municipales et fédérales.

Des militants ont pris les choses en main, affirmant que le politique n'en fait pas assez en matière de santé publique.

L'annonce de l'ouverture de ce site a été faite lors d'une manifestation tenue jeudi matin, au Monument pour les Droits de la personne, sur la rue Elgin, à Ottawa.

Le site de prévention des surdoses est une initiative de professionnels de la santé, d'intervenants communautaires et de bénévoles, comme Bobby Johnson, un travailleur social qui dit ne plus tolérer les nombreux décès liés aux surdoses de fentanyl.

La naloxone, disponible au site d'injection, aide la victime de surdose à retrouver une respiration normale en attendant les services d'urgence.

Le groupe n'a pas donné l'adresse du site, voulant éviter que les autorités municipales lui coupent l'herbe sous le pied, avant son ouverture officielle.

« Quatre personnes vont à l'urgence, chaque jour, à cause de cette crise à Ottawa, dit Marilou Gagnon, une infirmière engagée dans le projet. Nous n'avons pas le temps d'attendre.  On sait très bien qu'il y a plus de quatre personnes qui font des surdoses. Les autres refusent d'y aller, car ils ont peur de la police et du système de santé.»

Ailleurs au Canada, une vingtaine de sites semblables ont permis de réduire les décès par surdose et la consommation dans les rues, font-ils valoir. Il y en a 24 en Colombie-Britannique, alors qu'un autre a ouvert ses portes il y a deux semaines à Toronto.

«En tant qu'infirmière je sais que ce genre de site sauve des vies, dit Marilou Gagnon..»

Selon elle, les résidents n'ont pas à craindre l'implantation d'un tel centre dans leur voisinage. «Plutôt que de déranger, cela amène plus de calme et plus de propreté dans les parcs». Elle estime que l'absence de site d'injection supervisé «force les gens à consommer seuls.»

Robert Jamieson, un bénévole, a résumé ses trente derniers jours à arpenter les coins de la ville où la consommation de drogue fait des ravages.

«J'ai vu un jeune homme en arrêt cardiaque, et une mère morte, à côté de son bébé seul, dans son appartement. C'est une crise, dit M. Jamieson. Les gens meurent seuls.»

En tant qu'infirmière, Marilou Gagnon se sent obligée de fournir des soins aux toxicomanes. 

«Nous n'avons pas approché la Ville, dit-elle. C'est trop lent, il y a trop de bureaucratie.»

Le fentanyl, un opioïde puissant, est habituellement prescrit à des gens atteints d'un cancer ou souffrant de douleurs chroniques.

Sur la rue, il est consommé sous forme de poudre, de comprimé ou par injection.




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