Une protéine pour guérir l'insuffisance cardiaque

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Des chercheurs d'Ottawa ont découvert une protéine potentiellement bénéfique pour les tissus du coeur.

Courtoisie

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Imaginez deux secondes qu'une protéine puisse stimuler la croissance des tissus du coeur, autrement dit lui faire croire que l'on fait de l'exercice, et que le tout puisse même améliorer la santé des gens souffrants d'insuffisance cardiaque pour qui les médicaments ont, dans certains cas, peu d'effets positifs.

C'est l'importante découverte que vient de faire une équipe de recherche composée de scientifiques de l'Hôpital d'Ottawa, de l'Université d'Ottawa, de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa et de l'Université Carleton, au terme d'une expérience menée depuis quelques années et dont les résultats sont publiés dans la revue Cell Research. 

Après avoir mené diverses études sur des souris, des rats et des cellules cultivées en laboratoire, les chercheurs, chapeautés par l'auteur principale de l'étude, Dr Lynn Megeney, ont découvert qu'une protéine appelée cardiotrophine-1 (CT-1) a le potentiel de stimuler une croissance saine des tissus cardiaques et amener l'organe vital à pomper davantage de sang, comme le font l'exercice physique et la grossesse, par exemple. 

Leur conclusion : ce type de croissance est bénéfique, au contraire de celui, plus néfaste, qui est associé à l'insuffisance cardiaque, une maladie chronique en forte progression qui touche pas moins de 600 000 personnes au Canada. 

Parmi les principales causes de décès et d'invalidité dans les pays riches, l'insuffisance cardiaque survient lorsque le coeur n'arrive plus à pomper assez de sang dans le corps, la majorité du temps en raison d'atteinte aux tissus musculaires du coeur causés par une crise cardiaque. Bon an mal an, 50 000 nouveaux cas sont diagnostiqués d'un océan à l'autre. 

L'étude démontre même que la CT-1 peut réparer des lésions au coeur et améliorer la circulation sanguine chez les animaux qui ont fait l'objet des tests. 

« C'est très excitant, il s'agit d'une découverte très importante pour la clinique. Ça pourrait potentiellement aider à diminuer le taux de mortalité des gens qui souffrent d'insuffisance cardiaque. Il y a régénération, développement de petits vaisseaux sanguins. [...] Pour beaucoup de patients, les médicaments permettent d'améliorer la fonction du ventricule gauche du coeur, mais pour plusieurs c'est difficile, car la médication a peu d'effets sur les symptômes du côté droit. C'est assez récemment qu'on a compris que c'est un problème très sérieux », affirme Dr Duncan Stewart, coauteur principal de l'étude, cardiologue et vice-président exécutif de la recherche à l'Hôpital d'Ottawa. 

Si les expériences avec les animaux continuent d'être aussi concluantes, il n'est pas exclu qu'elles s'élargissent aux humains. 

Épidémie sérieuse

Au pays, l'épidémie d'insuffisance cardiaque est « de plus en plus importante et bien trop silencieuse », selon la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC, qui affirme que cette maladie chronique est encore très méconnue. Les coûts qui y sont associés pour le système de santé s'élèvent à près de trois milliards $. À l'heure actuelle, la greffe du coeur est l'unique traitement possible.




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